VIDÉO - "Sugarland" : comment éviter les sucres cachés dans notre assiette ?

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CONSOMMATION – Si les méfaits du sucre en excès ne sont plus un secret, l'industrie agroalimentaire continue de rendre la tâche difficile aux consommateurs désireux de le traquer. Comment ? En l’infiltrant partout, y compris là où on l’attend le moins. Alors que sort ce mercredi au cinéma "Sugarland", docu choc qui dénonce l'excès de sucre dans nos assiettes, LCI fait le point avec une nutritionniste sur les écueils à éviter.

"Aujourd'hui le sucre est tellement répandu dans notre société que si on retirait des étagères d'un supermarché tous les produits qui en contiennent, ils n'en resterait que 20%", peut-on entendre dans "Sugarland", sorti en salles ce mercredi. Ce documentaire choc, dans la lignée de "Super Size Me" (2004) qui mettait en scène un Américain se gavant de McDonald's pendant un mois, pour finir gros et malade, dénonce avec humour l'excès de sucre dans nos assiettes. Là, le réalisateur Damon Gameau passe brutalement d'une alimentation sans sucre ajouté à la consommation d'un Australien moyen, soient 160 grammes de sucre par jour. S'en suivent prise de poids, détérioration rapide du foie, fatigue, troubles de l'humeur...


Accros  au sucre ? Nous le sommes parfois sans le savoir. Arte avait diffusé en août dernier "Sucre, le doux mensonge", un documentaire consacré à la manière dont l'industrie agroalimentaire a œuvré, depuis les 1970, à augmenter petit à petit les doses dans l’assiette des consommateurs. Et ce à leur insu, malgré les risques désormais connus pour la santé : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, voire dépression. Comment ? En dissimulant notamment la quantité, grâce à des appellations variées : saccharose lactose, maltose, dextrose ou encore sirop de glucose-fructose. 


Pour rappel, les sucres sont des glucides, principaux carburants de notre corps et indispensables à son fonctionnement qui se divisent en deux catégories : les "lents ou complexes" (apportés par les céréales notamment) et les "rapides ou simples", présents naturellement dans certains aliments ou ajoutés. A titre d’illustration, les Français consomment en moyenne 100 grammes de sucres rapides par jour, soit 15 à 20% de la ration calorique quotidienne. Or, l'Organisation mondiale de la santé préconise de limiter la consommation de sucres à moins de 10% de la ration énergétique journalière, voire à 5% dans la mesure du possible. 

On éduque ainsi nos papilles au plaisir et au besoin de sucreValérie Espinasse, docteur en pharmacie

Pour traquer ces "sucres cachés" dans les produits industriels, qui viennent s’additionner à notre consommation journalière, alors qu'il faudrait la réduire, LCI avait fait le point, avec Valérie Espinasse, micro-nutritionniste et auteure du livre J’arrête le sucre. "Tout d’abord, il faut bien différencier le sucre contenu naturellement dans certains ingrédients comme les fruits par exemple, et le sucre industriel, raffiné qui apporte uniquement des calories mais aucun nutriment. C'est bien celui-ci qu’il faut éviter", introduisait-elle. 


Mais la mission n’est pas si évidente quand on sait qu’on le trouve également dans des préparations salées, des sauces à la charcuterie en passant par les chips. "D’abord parce que le sucre est un excellent conservateur, ensuite parce qu’on éduque ainsi nos papilles au plaisir et au besoin de manger", dénonçait-elle.


Son principal conseil ? "Regarder les ingrédients sur l'étiquette, plus que la composition nutritionnelle qui n’indique pas forcément les valeurs ajoutées" car "la réglementation fait que l’ingrédient présent en plus grande quantité apparait en tête de liste." Aussi, ironise-t-elle, si "le sucre est en haut, attention danger." La seconde recommandation relève davantage du bon sens : une préparation salée n’est pas censée contenir du sucre. "Si vous faites vos chips vous-mêmes, du pâté ou un bœuf bourguignon, ça ne sera pas forcément diététique, certes, mais il ne vous viendrait pas à l’idée d’y ajouter du sucre." Enfin, "il faut être bien-sûr en alerte en cas de quantité importante", notamment par rapport aux autres ingrédients.

J’ai été choquée quand j’ai commencé à scruter les étiquettesMyriam, 46 ans

S’agissant de la chasse au sucre, Myriam, 46 ans, sait de quoi elle parle. Sur les conseils de son médecin, elle a entamé il y a un an et demi, un régime cétogène qui consiste précisément à "changer de source d’énergie" en remplaçant une partie de la consommation en glucides par de la bonne graisse. "J’ai été choquée quand j’ai commencé à scruter les étiquettes dans les magasins en réalisant que le sucre est vraiment partout", se souvient-elle. 


Et de citer l’exemple de certains yaourts : "Je trouvais parfois plus de sucre dans les allégés que dans un simple yaourt nature, car en fait on compense le gras par le sucre." Ou celui de certains paquets de bonbons, dits "sans sucre". "D’une certaine manière c’est mensonger, quand on sait que ça ne concerne que les sucres rapides alors qu’on peut atteindre dans ces sachets 97% de glucides."

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