Traitements contre le Covid-19 : la recherche progresse avec quinze molécules à l'étude

Traitements contre le Covid-19 : la recherche progresse avec quinze molécules à l'étude

SCIENCE - Si les vaccins contre le Covid font naître de l’espoir, la recherche continue également du côté des traitements. De nombreux progrès ont été fait ces derniers mois, et les patients sont mieux pris en charge.

La focalisation sur la vaccination fait oublier qu'il existe des centaines d'autres pistes de traitement contre le Covid. L'Agence nationale du médicament (ANSM) vient par exemple d'autoriser le lancement d'un nouvel essai clinique. Baptisé miRAGE, il vise à tester l'efficacité d'une nouvelle molécule - l'ABX464 - mise au point par une biotech française. 

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Cet essai, piloté par le CHU de Nice, est mené sur 400 patients à travers le monde, ayant tous en commun plus de 65 ans ou des risques de développer une forme sévère de la maladie. Dès les premiers symptômes, ils doivent prendre ce médicament une fois par jour, par voie orale, sous la forme d'un petit comprimé, et sont suivis à domicile.

Molécule active ou placebo ?

Tous les deux jours, les soignants les appellent pour prendre de leurs nouvelles. "Vous ne manquez pas d'air. Vous ne toussez plus, je crois", s'enquière un médecin auprès de l'un de ces cobayes. Parmi eux, Jean-Claude Fedida a été le tout premier volontaire. Il est aujourd'hui guéri après avoir été malade pendant plus d'un mois, et a échappé à une hospitalisation. Mais il ne sait toujours pas si c'est dû au médicament. "La prochaine étape, c'est de savoir si j'ai bénéficié d'une molécule efficace ou active, ou si au contraire je n'ai eu qu'un placebo et le reste a été psy", se demande-t-il.

"L'essai miRAGE dans les prochains mois, c'est accélérer encore, on l'espère, les inclusions pour avoir des résultats le plus rapidement possible", avance de son côté le docteur Eric Cua, infectiologue au CHU de Nice. "Essayer aussi d'inclure le plus possible, notamment en Europe, parce qu'on est un peu en retard, notamment par rapport à l'Amérique latine", avance-t-il.

Beaucoup de déceptions

Les premiers résultats sont prévus dans un mois. En attendant, l'équipe de Nice va participer à un autre essai clinique mené au CHU de Nantes cette fois. Un traitement très prometteur contre les formes sévères mis au point, là encore, par une biotech française. "L'objectif, c'est d'administrer au patient, grâce à une perfusion en une heure, des anticorps à taux élevé pour bloquer le virus", détaille le professeur François Raffi, coordinateur de l'essai Polycor au CHU de Nantes.

En attendant, dans tous les hôpitaux, les médecins sauvent tous les jours des patients en utilisant mieux l'oxygène ou des corticoïdes. Mais du côté des nouveaux traitements, il y a eu beaucoup d'espoirs déçus en un an. "On n'a pas de traitement antiviral propre. Il y a eu beaucoup de déceptions dans ce domaine", estime le professeur Jean-Jacques Mourad, chef du service de médecine interne à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. "La première hypothèse de travail d'aller chercher des antiinfectieux paraissait logique au départ", ajoute-t-il.

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Aujourd'hui, l'horizon s'éclaircit car la recherche est mieux organisée. Une quinzaine de molécules sont ainsi en cours d'essai. "Dans les six mois qui viennent, on va avoir des pistes plus sérieuses parce que ces traitements spécifiques vont arriver à une étape plus mûre de développement", annonce le directeur de l'ANRS, Yazdan Yazdanpanah.

À Toulouse, d'autres chercheurs utilisent une méthode originale, soit un mini-poumon humain fabriqué de toute pièce. Dans une zone sécurisée de leur laboratoire, ils infectent ces organes miniatures avec le virus du Covid et testent dessus toute une batterie de vieux médicaments. "On peut ainsi identifier des molécules avec des effets antiviraux alors qu'au départ, elles n'étaient pas connues pour des propriétés anti-infectieuses", explique Céline Cougoule, de l'institut de pharmacologie et de biologie structurale du CNRS. 

Il s'agit pour la plupart d'antidépresseurs, d'antidiabétiques, ou encore d'anticancéreux, qui a priori n'ont rien à voir avec le coronavirus, mais qui rejoindront peut-être demain l'arsenal thérapeutique pour soigner cette maladie.

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