VIDÉO - Trop de bureaucratie dans la Santé ? C'est une des leçons de la crise et une piste pour la suite

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Santé

SANTE - Pendant la pandémie, hôpitaux et cliniques ont été contraints de contourner les procédures habituelles pour aller plus vite. Les soignants, qui manifesteront ce mardi, espèrent que le "Ségur de la santé" leur permettra de s'affranchir d'une bureaucratie trop pesante.

Le gouvernement a prévu de rendre hommage au personnel soignant le 14 juillet prochain. Il n'empêche : un peu moins d'un mois plus tôt, ce mardi 16 juin, ils manifesteront de nouveau, un peu partout en France, pour réclamer une "revalorisation générale des salaires", un "plan de recrutement" et "l'arrêt de toutes les fermetures d'établissements, de services et de lits". En parallèle, le "Ségur de la santé", lancé le 25 mai par Emmanuel Macron, ouvre des discussions devant déboucher, d'ici la mi-juillet, sur des propositions concrètes pour améliorer le quotidien des soignants. Une idée s'impose d'ores et déjà.

"Les ARS ont été mises en place pour des questions financières"

La crise du Covid-19, en effet, a contraint cliniques et hôpitaux à bousculer leur fonctionnement, pour répondre efficacement à l'urgence. "C'est allé de médecin à médecin, sans forcément passer par les instances, ce qui a simplifié les processus", note ainsi le docteur Grégory Lhoïs, coordinateur Covid polyclinique à Nancy, interrogé par TF1. David Guillet, infirmier et président de l'union régionale des professionnels de santé Pays de la Loire, donne, lui, des exemples concrets : "Ce sont des médecins de ville organisant les dépistages avec les moyens du bord, 2.700 infirmières qui se sont organisées pour permettre des double, des triple ou des quadruple tournées, sur leurs jours de repos..."

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C'est la leçon principale qu'ont tiré les personnels de santé des derniers mois : la bureaucratie n'a pas pu suivre le rythme de la mobilisation exceptionnelle sur le terrain. A Nancy, le CHRU (Centre hospitalier régional universitaire) et les cliniques ont dû, pour se répartir la prise en charge des patients, prendre de vitesse l'Agence régionale de santé (ARS), dont c'était pourtant la mission. "C'est une grosse machine, très lourde, qui n'est pas faite pour la gestion de crise. Les ARS ont été mises en place pour des questions financières. Et là, il nous est apparu que prendre en main nous-mêmes l'organisation des soins et des parcours des patients était nécessaire pour répondre au mieux aux besoins de la population", juge Bernard Dupont, directeur dudit CHRU.

Une "absence de coordination"

Le fameux mille-feuilles administratif, multipliant les instances sanitaires, se trouve donc désormais dans le viseur. Autre exemple : dans l'Essonne, infirmiers et médecins avaient transformé, en très peu de temps, une salle de spectacle municipale en centre de dépistage, mais n'avaient pas pu l'ouvrir, faute d'accord de la préfecture... "On pouvait parfaitement débuter sur le parking de la maison de santé. On pouvait aussi le faire à l'intérieur de notre structure, là où nos collègues sages-femmes accueillaient déjà des femmes enceintes, là où les kinés recevaient leurs patients fragiles, mais non, il nous fallait une autorisation", déplore encore aujourd'hui le docteur Cécilia Saldahna-Gomes.

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"C'est vrai que de mobiliser vite un système qui, par définition, a besoin d'avoir des autorisations à chaque niveau, devient compliqué pour un professionnel de terrain qui, lui, a besoin d'agir immédiatement", appuie Fatima Saïd-Dauvergne, présidente de la fédération des infirmières de l'Essonne. Directeur de recherche au CNRS et professeur à Science-Po, Henri Bergeron, qui consacre actuellement une enquête à ce sujet, pose, plus largement, le constat suivant : "Pendant la crise, on nous a parfois parlé d'une absence de coordination, entre la région, le préfet, les ARS... Je ne sais pas si c'est trop d'organisation ou si ce n'est pas assez, mais on manque en tout cas d'une réflexion approfondie." Charge, donc, au gouvernement de la mener à son terme.

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