Vaccin : le tacle du PDG de Moderna à l'Union européenne

Vaccin : le tacle du PDG de Moderna à l'Union européenne

INTERVIEW - Le PDG de Moderna, invité de LCI ce mardi, s'en est pris à l'immobilisme de l'Union européenne dans l'accompagnement financier du processus de recherche pour développer un vaccin contre le Covid-19.

"Malheureusement, bien qu'on ait eu des discussions très tôt avec certains pays européens, il n'y a eu aucune aide pour construire l'appareil industriel." Invité de Pascal Perri sur LCI ce mardi après-midi, le PDG de Moderna, le Français Stéphane Bancel, n'a pas mâché ses mots pour critiquer l'Union européenne et ses pays membres, qui ont selon lui tardé à débloquer des financements pour favoriser la mise en place de structures de production. 

"Le gouvernement américain a pris des risques très tôt pour nous aider, au contraire de ceux des pays européens", fait valoir Stéphane Bancel en comparaison. "C'est l'une des raisons qui expliquent pourquoi la production est plus rapide aux États-Unis qu'en Europe."

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Le patron de Moderna assure pour autant que l'Europe n'est pas snobée par sa société concernant la distribution des doses. "Dès le démarrage de la pandémie, nous avons fait en sorte de construire un outil industriel dédié à l'Europe. Tous les vaccins fournis à l'Europe sont fabriqués en Suisse et mis en flacon en France ou en Espagne. Il n'y a aucun conflit entre les chaînes de production."

"Dès qu'il y a un petit dérapage..."

Selon Stéphane Bancel, les difficultés logistiques de Moderna sont d'ailleurs celles rencontrées par tous les concurrents. "Il faut généralement trois à quatre ans pour construire un outil industriel pour un nouveau vaccin. Le fait d'avoir une approbation en moins de douze mois créé un problème commun : le démarrage des chaînes de production. Ce lancement, souvent lent, a lieu en temps réel, sans stock préalable. Donc dès qu'il y a un petit dérapage, qui serait habituellement normal, il se voit tout de suite."

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Entre autres points abordés, le Français a par ailleurs confirmé que le vaccin à ARN messager développé par Moderna était efficace contre le variant anglais. "Aujourd'hui ce que l'on sait : sur le variant anglais, il y a une efficacité totalement identique." 

Concernant la mutation sud-africaine en revanche, l'incertitude demeure : "Le vaccin garantit, là encore, une très belle protection mais on ignore la durée de cette protection. Nous étudions, par précaution, un nouveau vaccin contre ce variant. Il s'agira d'un rappel en cas de décroissance trop importante des anticorps."   

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