Vaccin contre la grippe : vraie pénurie ou simples "tensions" dans les pharmacies ?

Vaccin contre la grippe : vraie pénurie ou simples "tensions" dans les pharmacies ?

GRIPPE - Lancée depuis le 13 octobre dernier, la campagne de vaccination contre la grippe fait face à des premières difficultés. Les pharmaciens se heurtent à des ruptures de stock, mais le gouvernement se veut rassurant.

La campagne de vaccination anti-grippe a démarré le 13 octobre et les pharmacies observent d’ores et déjà un manque de vaccins. Dans une pharmacie de l'agglomération de Nantes, le stock a été écoulé en à peine trois jours. "On avait à peu près 300 doses", explique Damitille Darnis, la responsable de l'officine, dans le reportage ci-dessus.

"C'est du jamais vu, c'est inédit. Les statistiques montraient qu'à peine 50% des personnes prioritaires prenaient leur vaccin l'année dernière. Aujourd'hui, on mise sur 90%", ajoute-t-elle. Pour une patiente diabétique d'une autre pharmacie nantaise, se faire vacciner est une nécessité : "Je le fais pour me protéger encore plus par rapport au Covid-19, pour ne pas tomber malade et que ça n'entraîne pas des complications."

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Pour la ministre déléguée chargée de l’autonomie, Brigitte Bourguignon, il ne s’agit que de "quelques tensions d’approvisionnement". "5,3 millions de doses ont été vendues par les officines. Plus de 80% des vaccinations sont faites auprès des personnes âgées de plus de 65 ans. Face à cela, nous avons en effet pu observer quelques tensions d’approvisionnement des pharmacies en doses", a-t-elle déclaré mardi à l’Assemblée nationale.

"À ce jour, 16% des officines pharmaceutiques y sont confrontées. (…) Cette demande précoce entraîne des tensions dans la livraison. Toutefois, les stocks sont là et les livraisons sont en cours pour reconstituer le stock des officines. Sur cette seule semaine, près d’1,3 million de doses seront livrées en pharmacies", a tenu à rassurer la ministre.

Appel à mettre la pression sur les laboratoires

Mais du côté des pharmaciens, le son de cloche est différent. "Les chiffres que la ministre donne datent du milieu de la semaine dernière. Donc les 20% des pharmacies qui n’avaient plus de stocks de vaccin en milieu de semaine dernière, c’était vrai. Mais en fin de semaine, c’était entre 70 et 80%. Il restait un petit peu de stocks dans les pharmacies en fin de semaine dernière, il devait rester 300.000 boîtes à peu près. Sauf que ces vaccins-là étaient d’ores et déjà réservés pour des patients", nous assure Gilles Bonnefond, président de l'Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine (USPO).

"Nous demandons aux pouvoirs publics de demander aux laboratoires de façon impérative de livrer les 3,5 millions de doses qu’ils ont promis, poursuit-il. L’Etat est en train d’aller chercher des doses sur le marché européen, il espère en récupérer entre 1 et 2 millions, qui arriveront fin novembre-courant décembre. En attendant, il faut qu’on puisse vacciner. Nous avons délivré 7,1 millions de vaccins durant la première semaine, sur les 7,5 millions qui avaient été livrés".  Le responsable syndical dit attendre que le gouvernement réclame "des comptes aux laboratoires", qui n'ont selon lui pas suffisamment "prioriser les patients fragiles".

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