Vaccins : pourquoi la France n'arrive-t-elle pas à garder ses biotechs ?

Vaccins : pourquoi la France n'arrive-t-elle pas à garder ses biotechs ?

REPORTAGE - Cette crise sanitaire a révélé la lourdeur de la recherche française avec des déconvenues autour des vaccins de Sanofi et l'Institut Pasteur. Notre pays est en plein doute. Pourquoi nos chercheurs sont-ils à la traîne ?

À deux pas du centre-ville de Nantes, un centre de recherche flambant en neuf, financé par des fonds publics. Bienvenue chez OSE Immunotherapeutics, une start-up spécialisée dans les biotechnologies. Depuis un an, les 25 chercheurs travaillent sur un nouveau vaccin contre le covid. Au total, une vingtaine de sociétés françaises se sont lancées dans la course au traitement contre le Covid. Des structures bien plus modestes que les mastodontes Pfizer ou Moderna. Tous les chercheurs de ces entreprises ont grandi dans le secteur public, comme ici au centre hospitalier de Nantes.

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Certaines sociétés sont toujours hébergées dans ce centre de recherche. C'est le cas de Xenothera, le dernier-né des biotechs. Il développe lui aussi un traitement contre le covid. Et pour continuer à faire grandir son laboratoire. Sa présidente a besoin de 20 millions d'euros supplémentaires. "Quand on démarre on a besoin très vite de se financer. Pour ça, on a besoin de gens qui investissent qui croit à votre histoire, avec votre idée et qui investissent", révèle Odile Duvaux, cofondatrice et présidente de Xenothera.

Une difficulté à rivaliser avec les Américains

L'argent reste le nerf de la guerre. Xenothera était aidé par des fonds privés. Il a également reçu, de l'argent public, 200 millions d'euros ont d'ailleurs été versées sur l'ensemble de la filière Biotech ces dix derniers mois. Une goutte d'eau comparée aux 1,5 milliards versés par l'administration américaine au seul labo Moderna. 

Pour rivaliser notamment avec les Américains, il y a également un problème d'ordre bureaucratique. "Je pense que le frein, c'est vraiment la politique d'achat à la fin c'est-à-dire qu'on fasse on sorte que nos innovations qui sont bien financées au départ, qui sont de belle qualité, soient achetées par l'État. Si vous perdez du temps, vous perdez de l'argent", révèle Franck Mouthon, président de France Biotech.

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Plus de fluidité, de rapidité, pour éviter qu'un laboratoire français n'aille vendre en priorité ces vaccins à un autre pays. C'est ce qui est arrivé à la société Valneva. 60 millions de doses seront livrés cet automne à la Grande-Bretagne, faute d'accord avec la France et l'Europe.

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