VIDÉO - Ventes de masques par la grande distribution : la colère et "le dégoût" de professionnels de santé

Les professionnels de santé sont surpris par la vente de masques dans les supermarchés dès lundi, alors qu’ils en ont cruellement manqué depuis le début de la crise.
Santé

CRISE SANITAIRE – Après l’annonce de la vente de masques dans les grandes surfaces, de nombreux professionnels de santé expriment leur colère. Sept ordres de professions de santé ont publié un texte cinglant. La grande distribution, elle, se défend.

Après la pénurie, l'abondance de masques.... et la colère. Sept ordres des professions de santé se sont  offusqués vendredi dans un texte cinglant du nombre "sidérant" de masques annoncés à la vente par la grande distribution d'ici quelques jours et demandé "où étaient ces masques quand nos médecins, nos infirmiers, nos pharmaciens, nos chirurgiens-dentistes, nos masseurs-kinésithérapeutes, nos pédicures-podologues, nos sages-femmes mais aussi tous nos personnels en prise directe avec la maladie tremblaient et tombaient chaque matin ?". "L’heure viendra, nous l’espérons, de rendre des comptes", affirme le communiqué.

"Comment nos patients, notamment les plus fragiles, à qui l’on expliquait jusqu’à hier qu’ils ne pourraient bénéficier d’une protection adaptée, vont-ils comprendre que ce qui n’existait pas hier tombe à profusion aujourd’hui. 100 millions par ici, 50 millions par là. Qui dit mieux ? C’est la surenchère de l’indécence", déplorent ils dans ce texte.

Dans plusieurs régions également, des conseils locaux ont exprimé leur colère. Ainsi le conseil régional de l’Ordre des pharmaciens des Pays de la Loire, par exemple, explique que "pendant presque sept semaines, les pharmaciens ont économisé les masques chirurgicaux en les distribuant au compte-gouttes aux professionnels de santé, dont nos préparateurs ne faisaient pas partie".

"Combien d’entre nous ont été contaminés, fatigués ou empêchés de travailler par manque de masques ? Combien de fois avons-nous été contraints de refuser des masques aux patients en chimiothérapie et aux malades chroniques ? Combien de professionnels de santé n’ont pu assurer leur rôle de santé publique en tout sécurité ? Combien d’infirmiers, médecins généralistes et personnels soignants sont décédés, faute de masques ?", demandent-ils.

"Des soignants, des personnes malades et fragiles ont été privés de masques"

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Une colère partagée par Delphine Chadoutaud, présidente de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) de l'Essonne. "Depuis 45 jours, nous gérons un stock d'État insuffisant. Nous avons été face à des patients qui devaient aller à l'hôpital pour faire une chimiothérapie, et la mort dans l'âme, nous n'avions rien pour eux. Des soignants, des personnes malades et fragiles ont été privés de masques", rappelle la pharmacienne sur LCI (voir vidéo ci dessous).

Nous ne comprenons pas comment, d'un seul coup, la grande distribution a pu réunir un stock de 400 millions de masques. Où étaient-ils avant ? Depuis des semaines, Olivier Véran (ministre de la Santé) s'arrache les cheveux avec les masques, et de l'autre côté, Bruno Le Maire (ministre de l’Economie) et Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie) arrivent à faire un cadeau à la grande distribution", dénonce la présidente de l’USPO Essonne.

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"Il n'y avait pas de stocks cachés"

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a, par la suite, réagit aux accusations. "Les enseignes de la grande distribution ne sont pas, et n’ont jamais été, en charge de l’achat et de la fourniture de masques pour les soignants. Leur attribuer les difficultés d’approvisionnement est donc faux et malhonnête", écrit la Fédération dans son communiqué du 1er mai.

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"Nos enseignes n’avaient pas non plus le droit, jusqu’à ces derniers jours, de vendre des masques au grand public. La seule autorisation, depuis fin mars, a été d’en acheter sur les marchés internationaux, pour assurer la sécurité de nos propres salariés et pour approvisionner les PME, à la demande de l’Etat", précise encore la FCD. "Il n’y a pas de stocks cachés. Les chiffres annoncés par les enseignes concernent les commandes effectuées, qui ne vont être livrées que très progressivement, avec une disponibilité plus rapide des masques à usage unique que des masques en tissu réutilisables."

"Il n'y avait pas de stocks de masques cachés en France", a également assuré vendredi soir le directeur de la Santé Jérôme Salomon, interrogé sur le sujet. 

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