Victimes du "Covid long", ils se rééduquent par le sport

Victimes du "Covid long", ils se rééduquent par le sport

SYNDROME - De nombreux patients ayant contracté le Covid font état de symptômes persistants, parfois même jusqu'à un an après l'infection. Il a donc fallu s'adapter pour les prendre en charge, non seulement dans les hôpitaux mais aussi dans les salles de sport destinées à les aider à reprendre le dessus.

Brigitte a 59 ans et elle a contracté le Covid-19 en novembre dernier. Dix jours d’hospitalisation, dix jours de détresse respiratoire. Cinq mois plus tard, cette quinquagénaire peine toujours à retrouver son souffle. "J’ai souvent des courbatures, ce qui n’était pas le cas avant la maladie. Je n’arrive pas à récupérer et je n’avance plus, c’est pour ça que je me dis que le sport peut m’aider", espère-t-elle. 

Chaque semaine, elle se rend désormais dans une salle de sport où un coach spécialisé est chargé d'accompagner ces patients souffrant de "Covid long" avec des exercices adaptés à chaque profil. "Le patient retrouve une activité physique et cela lui permet de positiver. Quand le mental va mieux, le corps récupère plus vite par la suite", souligne Anthony Rigucci, coach à la salle de sport Elancia à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme).

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Je n’en vois pas le bout et je ne sais pas si ce sera le cas un jour- Julien, un malade souffrant de "Covid long"

Julien, lui, traîne comme un fardeau les effets du Covid depuis plus d'un an. Douleurs musculaires et articulaires, état de fatigue quasi permanent… La pratique du sport est pour lui un espoir de retrouver ses capacités d’avant. "Je n’en vois pas le bout et je ne sais pas si ce sera le cas un jour", craint-il. Comme Brigitte, il a bénéficié d'une prescription médicale pour suivre ces cours. À l’issue de ces trois mois de remise en forme et d’accompagnement, un bilan de santé complet sera réalisé par des médecins du CHU de Clermont-Ferrand.

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Pour le Dr Richard Normann, médecin généraliste à Clermont-Ferrand, la prise en charge de ces malades doit être mieux encadrée. "Il faut qu’on nous donne des critères de choix de patients :  qui peut y aller et qui ne peut pas, parce qu’il est trop malade ou pas bien parce qu’il ne l’est pas suffisamment. Il faut être vigilant sur nos prescriptions", souligne le patricien, qui voit défiler dans son cabinet de plus en plus de patients lui faisant part de ces symptômes.

Symptômes persistant plus d'un mois chez un quart des malades

Le phénomène est mondial. Environ un quart des personnes infectées par le Covid-19 présentent des symptômes persistants pendant un mois et une personne sur dix ressent des symptômes après trois mois (perte de goût ou d'odorat, céphalées, fatigue, douleurs musculaires, essoufflement, sensation de "brouillard" cérébral...), selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Certains sont encore affectés un an plus tard et errent de médecins en médecins. 

En vidéo

Un malade du Covid long en larme face à Emmanuel Macron,

Face à la multiplication des cas, Emmanuel Macron a rencontré ce jeudi des soignants et des patients à l'hôpital Foch de Suresnes, dans la banlieue Ouest de Paris, pour évoquer la prise en charge des patients qui souffrent de symptômes persistants. L'établissement hospitalier a mis en place un protocole coordonné entre plusieurs services (pneumologie, médecine physique et réadaptation, ORL) pour diagnostiquer et prendre en charge ce syndrome aux causes encore mal comprises. Sur place, un homme touché par le "Covid long" a craqué en décrivant son  quotidien au président, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus. 

Des centaines de milliers de malades concernés en France ?

La question de la prise en charge du "Covid long" n'a toujours pas été tranchée. L’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité le 17 février une résolution visant à reconnaître les complications à long terme du Covid-19. Mais à ce stade, le gouvernement a accordé une reconnaissance automatique en maladie professionnelle aux seuls soignants malades du Covid avec des séquelles respiratoires. Un dispositif jugé trop restrictif par de nombreux élus.

Le secrétaire d'État aux Retraites et à la Santé au travail, Laurent Pietraszewski, avait indiqué aux députés en février que le gouvernement était "prêt à examiner l'évolution de son dispositif", soulignant que le nombre de patients concernés pourrait atteindre "plusieurs centaines de milliers" en France. L'exécutif devrait se pencher dans les prochains jours sur la prise en charge de ces patients, dont beaucoup se considèrent comme les grands oubliés de la pandémie.

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