VIDÉO - Polynésie : le combat acharné des soignants face aux ravages du variant Delta

VIDÉO - Polynésie : le combat acharné des soignants face aux ravages du variant Delta

COVID-19 - En Polynésie française, l’épidémie de Covid a flambé avec l’arrivée du variant Delta. En cause, un taux de vaccination beaucoup plus bas qu'en métropole et des freins culturels. Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

L'épidémie de Covid-19 a passé la semaine dernière un pic en Polynésie française, avec une baisse du nombre d'hospitalisations, mais la situation reste "grave" car les services de réanimation sont toujours saturés, a prévenu le Haut-commissaire Dominique Sorain. À ce jour, 249 personnes sont toujours hospitalisées, dont 43 en réanimation. "S'il y a une baisse du nombre d'hospitalisations", avec à peu près "un quart d'hospitalisations de moins" qu'il y a une dizaine de jours, les personnes "qui viennent à l'hôpital sont de plus en plus malades", et "beaucoup sont en service de réanimation", a-t-il expliqué.

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Dans ce territoire grand comme l'Europe, le principal hôpital de Tahiti est le seul à accueillir les malades les plus graves. Et il n'y a pas une minute à perdre pour prendre en charge les patients qui ont, pour certains, été cherchés à plus de 200 kilomètres. Résultat, depuis maintenant deux mois, les soignants se démènent pour ouvrir des lits supplémentaires. "D'habitude on en a 18, on a quand même réussi à monter jusqu'à une quarantaine de lits", souligne le docteur Laure Baudoin, la cheffe du service de réanimation, dans le reportage du JT de 20H de TF1 en tête de cet article. 

Pour y parvenir, l’hôpital compte sur les renforts venus de l'extérieur. C’est le cas d'Anne Le Callonnec, une infirmière de Nouvelle-Calédonie, toujours abasourdie par l’ampleur de l'hécatombe. "En toute honnêteté, je n'ai jamais vu ça ; mes collègues non plus de toute notre carrière. Je pense qu'on a tous un peu pleuré dans notre coin, de voir les deux tiers d'un hôpital réquisitionné pour un virus", avance-t-elle dans la vidéo en tête de cet article. 

Des remèdes "faits maison"

Il faut dire que les traditions ont la vie dure dans l'archipel qui font que les gestes barrière sont difficilement respectés. Plusieurs générations vivent ainsi sous le même toit. Chez les Terooatea, trois oncles viennent d’être emportés par le coronavirus. Pour autant, l'une des femmes de la famille affirme dans la vidéo ci-dessous : "On a besoin de ce lien et de pouvoir partager". Une terre de partage très fertile pour le Covid. Depuis juillet, le virus circule activement en Polynésie avec des pics à plus de 2 000 contaminations par jour, soit près d’un habitant sur cent. Autre fléau qui permet à la maladie de faire des ravages : l'obésité. 40% des Polynésiens souffrent de cette pathologie.

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Covid-19 : pourquoi le virus circule autant en Polynésie

Les croyances sont également bien ancrés dans les forêts tahitiennes, rendant les discours scientifiques obsolètes. Miko Toofa, chef coutumier, l'assure ainsi dans le reportage de TF1 à voir ci-dessous :  grâce à son remède traditionnel, du jus de noni, impossible d'attraper la maladie. "C'est anti-oxydant, énergisant et ça apporte une immunité pour le corps", déclare-t-il avec certitude. Aucune information scientifique ne vient pourtant vérifier ce discours. Par ailleurs, loin des touristes, et parfois même de l’eau courante, peu d'habitants portent un masque, voir se préoccupent du virus. "On s'en fout de ça, du Covid", s'amuse une habitante.

Et même dans les coins les plus isolés, le débat sur le vaccin fait rage. Au sein de la famille Tavi par exemple, qui vit quasiment en autarcie en montagne, seuls quelques membres ont accepté de recevoir les injections. "Il y a des trucs que j'entends sur Internet comme quoi il y a des nanoparticules. Du coup, j'attends", explique une femme de la famille.

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Vaccination anti-Covid à Tahiti : comment convaincre jusque dans les zones reculées

Réticents à la vaccination

Le combat des médecins est donc de vacciner au plus vite la population encore défiante. Surnommé taote Covid, "le médecin du Covid", Didier Bondoux est de ceux-là. Il s'épuise à aller prêcher la bonne parole. Un travail de longue haleine face aux croyances locales. "J'ai peur d'être vaccinée à cause de mon cœur", s'inquiète une vieille dame dans la vidéo ci-dessous. "Il n'y a aucun risque", tente de rassurer le docteur. 

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Le combat d’un médecin pour convaincre les réticents à la vaccination en Polynésie

Malgré ces discours cependant, près de la moitié des Polynésiens a reçu au moins une première dose de vaccin. 

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