Covid-19 : au Havre comme à Charleville-Mézières, un dépistage loin d'être massif

Covid-19 : au Havre comme à Charleville-Mézières, un dépistage loin d'être massif

FLOP ? - Pour casser la dynamique de l'épidémie, certains comptaient beaucoup sur les campagnes massives de dépistage, notamment au Havre et à Charleville Mézières cette semaine. Mais les habitants n'ont pas franchement répondu à l'appel.

Les chiffres viennent de tomber, et ils sont implacables. Au Havre, sur 270.000 habitants, seuls 25.000 ont fait un test Covid cette semaine. La majorité des habitants n'a pas répondu présent à la campagne de dépistage massif de la ville lancée lundi dernier pour six jours. Face à ce nombre très bas de participation, certains avancent une explication : "Comme on ne part pas, on ne bouge pas, on reste entre nous. Ça m'a pas paru utile de le faire pour l'instant", explique ainsi un riverain. "J'ai pris les précautions nécessaires qui font que je ne pense pas être contagieux", dit encore un autre, interrogé par le 20H de TF1.

Par ailleurs, les avis sont partagés quant à la campagne elle-même. Certains pensent qu'en une semaine, "il y avait largement le temps d'y aller". "Je trouve ça dommage que les gens ne jouent pas le jeu", s'émeut par exemple une habitante. Quand d'autres critiquent un mauvais timing : "Chacun fait ce qu'il veut mais si ça avait été plus proche des fêtes, il y aurait peut-être eu plus de monde". Voire un manque d'informations : "il n'y a pas eu de plan en centre-ville pour dire les différentes zones où on allait se faire tester. Il n'y a pas eu d'annonces, plein de choses comme ça", dénonce un riverain.

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5% de la population testée à Charleville-Mézières

Cette panne à l'allumage présage-t-elle pour autant de l'avenir ? Vendredi, plus de 6.500 tests avaient été réalisés sur cette seule journée, ce qui montrent que les habitants sont quand même de plus en plus nombreux à se rendre sur les sites de prélèvement. "Le message est passé, maintenant il faut que les gens s'approprient le fait de pouvoir venir se faire tester. Quand c'est nouveau, on a une petite appréhension mais je suis intimement convaincue que se faire tester va devenir le geste barrière", assure Agnès Firmin-Le Bodo, pharmacienne et députée (Agir).

Le Havre n'est pourtant pas un cas isolé. À Charleville-Mézières, dans les Ardennes, la campagne de dépistage massif, débutée elle-aussi lundi dernier, n'a touché que 5% de l'agglomération. Dans les huit centres mis en place par Ardenne Métropole, 616 personnes se sont fait dépister vendredi, portant à 2.670 le nombre de personnes testées depuis le début de l'opération, a indiqué le service communication de l'agglomération ardennaise. Un dépistage "qui monte en puissance", assure le maire de Charleville-Mézières.

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"Je ne me fixe pas d’objectif. À Liverpool, ils ont réussi à tester environ un tiers des 500.000 habitants en quatre jours. Si on testait 50 % de la population, je serais le plus heureux des hommes ! Nous serons sans doute en dessous", avait déclaré Edouard Philippe, maire du Havre et président ex LR de l'agglomération au Journal du Dimanche. Mais même dans ce cas, cela ne serait pas vraiment efficace. "Il faut tester tout le monde le plus vite possible et en même temps, parce que sinon il suffit que la moitié des gens restent positifs et continuent à circuler, et le virus va se remettre à circuler", reconnaît l'épidémiologiste Catherine Hill.

Au delà des campagnes de dépistage massif, en France, de plus en plus de sites de prélèvement Covid se déploient. Ce qui laisse espérer, à terme, une plus grande participation.

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