VIH : un gel vaginal qui protège après le rapport sexuel

VIH : un gel vaginal qui protège après le rapport sexuel

DirectLCI
RECHERCHE - Des chercheurs américains ont élaboré un gel vaginal capable de protéger les utilisateurs contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), jusqu'à trois heures après un rapport sexuel.

La solution contre le VIH ne se trouve pas uniquement dans la promesse d'un vaccin. Il se pourrait bien que le virus soit bloqué avec succès à travers un autre moyen : un gel vaginal. Les recherches menées jusqu'ici montraient que pour prévenir l'infection, son utilisation devait se faire avant un rapport sexuel. Mais un chercheur américain des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) vient de mettre au point une nouvelle formule, qui s'applique après le rapport sexuel.

Une découverte qui a de quoi améliorer l'utilisation et l'efficacité de ce moyen de prévention. "Nous avons pensé qu'un gel pouvant être appliqué par les femmes après un rapport affecterait moins leurs habitudes avec leur partenaire, leur donnerait un meilleur contrôle de son utilisation et éliminerait la nécessité d'anticiper une relation sexuelle", expliquent les chercheurs dans la revue Science Translational Medicine .

Un taux de protection de 84 %

Les gels anti-VIH contiennent une substance empêchant le virus de pénétrer dans l'ADN. Plus précisément, ils agissent en bloquant l'intégration du virus dans les cellules immunitaires humaines, ce qui empêche l'infection. Il faut environ six heures au virus pour pénétrer dans l'ADN humain, ce qui donne un délai raisonnable pour appliquer un gel microbicide après un rapport sexuel.

Les scientifiques ont mis des macaques en contact avec le virus de l'immunodéficience simienne (VIS), l'équivalent du VIH chez les hommes. Ils ont constaté qu'une application de ce nouveau gel 30 minutes avant un rapport sexuel empêchait l'infection. Mais il reste tout aussi efficace après un rapport : cinq des six singes traités jusqu'à trois heures après avoir été exposés sont restés séronégatifs pendant dix semaines, soit un taux de protection de 84 %.

À l'inverse, les quatre macaques ayant reçu un placebo ont été infectés au cours des dix semaines après l'infection. Les auteurs envisagent désormais des études cliniques d'ici cinq à dix ans. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le VIH/sida reste l’un des principaux problèmes de santé publique dans le monde, particulièrement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Plus de 35,3 millions de personnes vivent actuellement avec le virus, dont 2,1 millions d’adolescents.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter