Vincent Lambert : la justice dit non à l'euthanasie passive

Vincent Lambert : la justice dit non à l'euthanasie passive

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JUSTICE - Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a demandé jeudi le maintien de l'alimentation de Vincent Lambert, cet homme de 38 ans en état de conscience minimale. Les juges donnent ainsi raison aux parents du jeune homme, mais vont à l'encontre du souhait de son épouse.

La justice a tranché sur le sort de Vincent Lambert. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a demandé jeudi matin au CHU de Reims de maintenir l'alimentation et l'hydratation de ce tétraplégique de 38 ans, en état de conscience minimale (dit "pauci-relationnel") depuis un accident de la route en 2008.

Le cas de Vincent Lambert , sur lequel sa famille se déchire, suscite de nombreuses polémiques. Samedi, à l'issue de plusieurs réunions collégiales entre les médecins et les membres de la famille proche, le docteur Eric Kariger, qui dirige le service de médecine palliative du CHU de Reims, avait annoncé sa décision d'arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles du patient. Les neuf magistrats, saisis en urgence par les parents de Vincent Lambert, ont refusé jugeant "que la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie et a donc suspendu la décision d'interrompre le traitement". Ils ont ainsi suivi les conclusions du rapporteur public qui leur avait demandé d'ordonner à l'hôpital la suspension immédiate de l'exécution du processus de fin de vie et le maintien, jugeant qu'"une atteinte grave et manifestement illégale au droit fondamental à la vie".

"Croisade idéologique"

Immédiatement la famille a réagi. "Cette décision risque de créer une jurisprudence fâcheuse pour l'ensemble des patients pauci-relationnels qui risquent de se voir retirer du champ d'application de la loi Leonetti", a estimé Bruno Lorit, l'avocat de François Lambert, le neveu du patient, favorable à la décision de le laisser mourir. "C'est une victoire du droit, c'est une lecture de la loi Leonetti à la lumière de la dignité. C'est une victoire pour tous les handicapés", a au contraire estimé Jean Paillot, l'un des avocats des parents du patient. "On a sauvé la vie de Vincent". Et d'ajouter : "On a sauvé la vie de Vincent".

Une vraie bataille familiale est donc entamée entre les partisans pour le maintien de la vie de Vincent Lambert et ceux qui, comme sa femme, estiment que ce serait une "croisade idéologique". C'est d'ailleurs la deuxième fois en neuf mois que le tribunal de Châlons-en-Champagne a dû déterminer si le cadre prévu par la loi Léonetti avait bien été respecté par l'équipe du docteur Eric Kariger. En mai dernier, l'hôpital avait interrompu l'alimentation du patient pendant 31 jours avant que la justice n'oblige l'hôpital à maintenir sa vie. Une chose est sûre, la polémique sur l'euthanasie est loin d'être éteinte. "La loi ne suffit pas", a d'ailleurs déclaré la ministre de la Santé Marisol Touraine sur Europe 1.

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