Vincent Lambert : les experts confirment son "état végétatif chronique irréversible"

Santé
DirectLCI
FIN DE VIE - Les experts ont annoncé dans un rapport datant du 18 novembre que l'état végétatif chronique de Vincent Lambert est "irréversible". De nouveaux éléments qui pourraient faire avancer la bataille judiciaire qui déchire sa famille depuis plusieurs années. La validité de l'arrêt des soins voulu par le CHU de Reims sera examinée le 19 décembre par le tribunal administratif.

Vincent Lambert ne va pas mieux : les experts mandatés par la justice confirment que son "état végétatif chronique irréversible" ne lui laisse plus "d'accès possible à la conscience". Cette conclusion pourrait faire basculer la bataille judiciaire autour d'un  éventuel arrêt des soins. A 42 ans, dont dix passés sur un lit d'hôpital après un accident de voiture en 2008, Vincent Lambert est bel et bien dans "un état végétatif chronique irréversible", écrivent ces trois experts dans leur rapport datant du 18 novembre.


Nommés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, ils étaient chargés de se prononcer sur l'état du patient et son évolution depuis 2014,  date de la dernière expertise officielle. Un préalable requis avant l'éventuel  déclenchement d'une procédure d'arrêt des soins, demandée depuis le 9 avril par le CHU de Reims où le patient est hospitalisé. "Vincent Lambert est dans un état d'incapacité fonctionelle psycho-motrice totale en 2018 comparable cliniquement à celui enregistré en 2014", ont-ils tranché, en ajoutant que "des éléments minimes d'aggravation ont été enregistrés".


Le sort de Vincent Lambert sera examiné par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne mercredi 19 décembre à 14 heures, a annoncé jeudi à l'AFP François Lambert, neveu du patient, une date confirmée par une source proche du dossier. Les juges devront se prononcer sur la validité ou non d'un éventuel arrêt des soins, voulu par le CHU de Reims.

En 2013, une tentative d'arrêt des soins avortée

Père de famille, ancien infirmier psychiatrique, Vincent Lambert été examiné à deux reprises, à 16 heures d'intervalle, le 7 septembre au soir et lendemain matin, en présence des médecins conseils des différentes parties, qui se déchirent sur le sort du patient. Car au coeur de ce drame familial se joue une guerre de tranchées entre les  proches de Vincent Lambert, chacun restant campé sur ses positions depuis la  première tentative, avortée, d'arrêt des soins, en 2013.  Cette expertise avait été demandée par les parents Lambert, catholiques proches des milieux intégristes, et une partie de sa fratrie, qui considèrent que Vincent est "handicapé" mais a fait "des progrès".

Sa "situation d'impotence fonctionnelle totale du fait des lésions encéphaliques irréversibles" lui interdit "toute qualité de vie" et ne rend  "plus d'accès possible à la conscience", relèvent toutefois les experts. Leur rapport, qui fait transparaître la ligne de crête sur laquelle il repose depuis une décennie, note que "la limitation extrême ou totale de ses capacités d'accès à la conscience, de communication, de motricité, d'expression  de sa personnalité, l'altération irréversible de son image lui portent atteinte  à un point qui n'est pas acceptable par lui-même et par son épouse et tutrice".

En vidéo

LE NEVEU DE VINCENT LAMBERT "Qu'on arrete l'acharnement"

Rachel Lambert se bat pour faire respecter la volonté de son mari qui, selon elle, n'aurait pas voulu d'acharnement thérapeutique, même s'il n'a jamais couché cette volonté sur le papier. Sur certains points, les experts sont plus nuancés: ils avancent que  la prise en charge du patient à travers ses "besoins fondamentaux primaires ne  relève pas de l'acharnement thérapeutique ou d'une obstination déraisonnable",  élément-clé de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie.


A leurs yeux aussi, la condition médicale de Vincent Lambert "n'appelle  aucune mesure d'urgence" et "il existe en France des structures pouvant  l'accueillir jusqu'à sa disparition si le maintien au CHU de Reims s'avérait  impossible pour des raisons autres que relevant de la simple technique médicale".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter