Virus mutant : peut-on vraiment empêcher sa propagation en France ?

Virus mutant : peut-on vraiment empêcher sa propagation en France ?

ECLAIRAGE - Les cas de virus "mutant" issu d'une souche anglaise ou sud-africaine ne cessent d'être détectés en France. Peut-on empêcher sa propagation ?

Depuis jeudi, il est question en France de "clusters à risque" du variant britannique du coronavirus, plus transmissible. Le premier a été détecté en Ile-de-France, à Bagneux, à partir d'"une personne travaillant dans deux établissements scolaires" de Bagneux. Un second a été repéré dans un foyer près de Rennes avant que les résultats des analyses ne soient revues. Quelques jours auparavant, c'est au sein du club de rubgy bayonnais que cette souche "anglaise" avait été identifé.  Appelé VOC 202012/01, ce variant britannique comme le sud-africain nommé 501.V2 inquiète la communauté internationale. Que dire de la situation française ? Peut-on vraiment empêcher sa propagation sur le territoire ? 

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières infos sur l'épidémieA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

"Il ne touche pas plus les enfants"

S'il ne semble pas intrinsèquement plus dangereux que le virus classique, le variant britannique est, selon les premières données, beaucoup plus transmissible, ce qui augmente le risque de saturation des hôpitaux par des malades du Covid-19.  

"Il n'est pas plus dangereux, c'est à dire que si vous êtes infecté il ne va pas plus vous conduire à l'hôpital ou en réanimation, il ne touche pas plus les enfants non plus" insistait sur ce point ce vendredi sur LCI le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chef du service d’immunologie de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil. 

"Il faut être rassuré sur le plan individuel"

Et de préciser qu'il n'y a "aucune différence (avec la forme classique du virus) en termes de symptômes que vous allez ressentir", et que le seul moyen pour les laboratoires de virologie de savoir s'il est question de ce variant "c'est aller voir comment est composé le virus", ce qui nécessite une démarche plus longue. 

"Il faut être rassuré je pense à l'échelon individuel car c'est à l'échelon collectif qu'il y a un problème (...) cette transmissibilité conduit à une augmentation du nombre des cas et une saturation du système de santé", a-t-il détaillé. Et de poursuivre : "on sait que ce variant anglais est plus transmissible parce qu'on voit une augmentation de ces cas liés à ce nouveau variant au Royaume-Uni."

Pas d'autres options que "le couvre-feu et le confinement"

Le Pr Jean-Daniel Lelièvre a par ailleurs confirmé que "le fait que les foyers détectés en France ne soient pas liés à des cas contact ayant voyagé au Royaume-Uni laisse à penser que le variant est déjà présent sur le sol français".  Selon lui, pour limiter sa diffusion, il faudra recourir "malheureusement aux mêmes méthodes qu'utilisées lors des précédentes phases à savoir le couvre-feu et le confinement".

Lire aussi

 Un virus, ça mute. C'est normal que ça se modifie au fur et à mesure de sa  diffusion", explique de son côté Mathieu Revest infectiologue au CHU de Rennes auprès de l'AFP. "Celui-là se modifie mais moins que celui de la grippe par exemple:  il est relativement stable génétiquement. Un virus n'a pas besoin de muter pour être super dangereux et celui-là est déjà super dangereux".

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : Véran confirme "des mesures supplémentaires" si le virus continue sa progression

EN DIRECT - Covid-19 : "Les variants changent complètement la donne depuis trois semaines", affirme Jean-François Delfraissy

Cluster en Haute-Savoie : que faisait le groupe d'étudiants britanniques dans cette station de ski ?

En cas de reconfinement, Blanquer aspire à garder les écoles ouvertes

Covid-19 : l'Espagne n'a plus les moyens de reconfiner

Lire et commenter