Visage, inertie du bras, troubles du langage... Réagissez aux symptômes de l'AVC

Santé
NEURO-VASCULAIRE - Ce mercredi 29 octobre, c'est la journée mondiale de lutte contre les AVC. Pour lutter contre cette pathologie qui tue 62.000 personnes par an en France, encore faut-il en reconnaître les signes. Voici ceux qui doivent vous alerter.

L'accident vasculaire cérébral (AVC) correspond à un arrêt brutal de la circulation sanguine à l'intérieur du cerveau, ce qui entraîne la mort de cellules cérébrales. L'AVC touche 130.000 personnes par an en France et en tue 62.000. C'est ainsi la première cause de handicap physique acquis chez l'adulte et la deuxième cause de mortalité chez l'homme (la première chez la femme).

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Or, contrairement à l'infarctus du myocarde, "il n'y a pas d'alerte par la douleur, l'AVC ne fait pas mal", indique à metronews le professeur Mathieu Zuber, chef du service de neuro-vasculaire du groupe hospitalier Paris-Saint-Joseph (GHPSJ). Pourtant, il faut agir vite. À partir du moment où un caillot bouche une artère à destination du cerveau, les médecins ont quatre heures et demie pour désobstruer l'artère en pratiquant une thrombolyse . Et "plus la thrombolyse a lieu tôt, plus on réduit les risques de séquelles et plus la personne a de chances de récupérer".

D'où l'importance de reconnaître les symptômes . S'ils sont nombreux et dépendent de la location de l'attaque cérébrale, les plus fréquents et typiques sont résumés dans la formule VITE, pour Visage, Inertie d'un bras, Troubles du langage et En urgence.

Paralysie d'un membre

Le premier des symptômes est la paralysie brutale d'un membre. Soudainement, c'est-à-dire en moins de dix secondes, un membre inférieur ou supérieur, voire des deux, devient inerte. Ainsi, un bras qui tombe, une main qui tenait un objet et le lâche, ou le fait de tomber alors qu'on était debout peuvent être des signes d'une attaque cérébrale.

Asymétrie du visage

Un autre symptôme, qui peut soit accompagner le premier soit survenir de manière autonome, est d'avoir subitement le visage déformé : la bouche tombe d'un côté, un œil ferme moins bien... Ce signe va alerter davantage l'entourage que la personne victime d'un AVC puisque celle-ci ne le sentira pas. En revanche, elle peut s'en rendre compte soit en se regardant dans une glace, soit quand elle veut manger et qu'il sera difficile de mâcher, ou encore quand elle se met à parler et se mordra la joue.

Troubles du langage

Si la langue est préservée de ce manque de tonus, des troubles du langage soudains font partie des signes de l'AVC. Si une personne devient brutalement mutique, qu'elle a une grande difficulté à prononcer les syllabes ou qu'elle déforme de manière répétée des mots (par exemple tapis devient tamis), alors il y a lieu de s'inquiéter.

Ces symptômes peuvent être passagers et ne durer que quelques secondes. À ne pas prendre à la légère pour autant... "Ce sont des signes d'alerte qui annoncent la catastrophe qui peut se produire dans les heures ou les jours qui viennent. L' accident ischémique transitoire (AIT) annonce l'AVC", alerte le professeur Zuber. Dans l'unité de neuro-vasculaire du GHPSJ qui prend en charge les victimes d'AVC, il suffit d'interroger les patients pour se rendre compte qu'un sur quatre a vécu ce mini-AVC et aurait donc pu être pris en charge plus tôt s'il avait donné l'alerte. Donc en cas d'apparition de ces symptômes, même transitoires, appelez donc le 15.

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