Effet Pesquet : les candidats européens se bousculent au portillon de l'espace

Espace : 23 000 candidats, l'effet Pesquet

ESPACE - Jamais l'Agence spatiale européenne n'avait reçu autant de candidatures. Alors qu'elle souhaite recruter 4 à 6 futurs astronautes en 2022, elle a reçu 22.589 candidatures. L'effet Pesquet ?

Les européens n'avaient jamais été aussi nombreux à rêver de rejoindre les étoiles. Cette année, la campagne de recrutement de l'Agence spatiale européenne (ESA) a reçu 22.589 candidatures... pour 4 à 6 places proposées en 2022. Un chiffre record pour l'ESA, qui compte 22 États membres et trois États associés. Lors de sa précédente campagne de recrutement, en 2008, elle avait reçu 8413 candidatures, dont celle du Français Thomas Pesquet.

"C'est extraordinaire et certainement historique", s'est réjoui le directeur général de l'ESA, Josef Aschbacher. Il voit dans cet afflux de postulants un "symbole" de l'appétit européen pour l'exploration spatiale, incarnée par les astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Mais au-delà de se projeter dans l'ISS, les candidats ont aussi en tête les futures missions lunaires, auxquelles l'ESA va participer dans les dix ans à venir. Et, plus tard encore, Mars.

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Thomas Pesquet dans l'espace

L'effet Thomas Pesquet

La France arrive largement en tête des candidatures, avec 7137 aspirants, dont 1662 femmes. Suivent l'Allemagne (3700 candidats), le Royaume-Uni (1979), l'Italie (1860) et l'Espagne (1344). "On voit à quel point la présence de Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale 'rebondit'" sur le public, a relevé Claudie Haigneré. En 2008, l'ESA n'avait reçu "que" 1860 candidatures françaises. Depuis, l'astronaute a effectué deux missions en orbite, dont l'une est en cours, au fort retentissement sur Terre.

Si l'effet "astronaute national" est flagrant en France, l'engouement pour le métier se ressent aussi dans la hausse des candidats dans d'autres pays qui ont leurs "héros" de l'espace (Samantha Cristoforetti en Italie, Timothy Peak au Royaume-Uni...), analyse Jules Grandsire, en charge de la communication à l'ESA. Plus largement, ce succès vient valider selon lui les "efforts de l'agence pour partager les missions" des astronautes via les réseaux sociaux, et "inspirer" le public.

Quatre fois plus de candidatures féminines

Au-delà cette envolée des candidatures, la campagne de recrutement est cette année marquée par une forte appétence féminine. Elle a attiré quatre fois plus de femmes (5419) qu'en 2008. "Je suis agréablement surprise par l'augmentation du nombre de candidatures féminines. Pour ma sélection en 1985, on était à 10%, on est passé à 15% en 2008, et aujourd'hui on est à 24%... C'est un progrès, qui correspond à peu près à la proportion de femmes qu'on retrouve dans les métiers de l'ingénierie en Europe", a fait valoir Claudie Haigneré, première Européenne et Française partie dans l'espace, lors d'un point presse.

À la recherche de recrues au profil "le plus divers possible"

L'équipe de recrutement doit désormais s'atteler à sélectionner les candidatures, pour lesquelles il est requis d'avoir moins de 50 ans, un diplôme de master scientifique ou d'ingénieur et au moins trois ans d'expérience professionnelle. Environ 1500 candidats seront retenus sur dossier pour passer la prochaine épreuve, des tests "psycho-techniques" (mémoire, réactivité, calcul...), prévus à Hambourg, à l'automne prochain.

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Pour la nouvelle génération, l'agence souhaite des recrues au profil "le plus divers possible, avec des personnes qui ne rentrent pas forcément dans le moule classique des films comme 'L’Étoffe des héros'", a commenté le responsable. "Nous ne pratiquons pas les quotas", a-t-il précisé. À la fin du processus de sélection, qui comprend six étapes, l'ESA retiendra également une vingtaine d'astronautes de "réserve", ainsi qu'un astronaute avec un handicap physique pour un futur projet - une première mondiale.

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