3e sortie pour Pesquet : malaise, ecchymoses, perte d'objets... ces dangers insoupçonnés hors de l'ISS

3e sortie pour Pesquet : malaise, ecchymoses, perte d'objets... ces dangers insoupçonnés hors de l'ISS

L'AMOUR DU VIDE - L'astronaute français effectue sa troisième sortie de la Station spatiale internationale depuis son arrivée, fin avril. Une opération - à suivre en direct sur LCI dès 14h - qui comporte de nombreux risques, décrypte notre journaliste Christine Chapel.

Thomas Pesquet dormira probablement comme un bébé, ce soir, après la nouvelle sortie extravéhiculaire inscrite à son agenda très chargé d'astronaute de la Station spatiale internationale (ISS). Ce vendredi 25 juin, le "frenchie" de l'équipe et son coéquipier américain, Shane Kimbrough, complètent les deux sorties déjà effectuées les 16 et 20, destinées à installer des panneaux solaires. 

Les deux hommes, qui effectuent ainsi leur troisième opération de ce type en quelques jours, devront affronter nombre de difficultés, et quelques dangers mortels. Christine Chapel, spécialiste des sciences chez TF1, nous éclaire sur ce périlleux exercice.

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Thomas Pesquet dans l'espace

Pourquoi ces missions sont-elles nécessaires ?

Des sorties extravéhiculaires, il y en a tout le temps, afin de maintenir la Station spatiale internationale en état de marche. En l'occurrence, ces dernières sorties sont réalisées pour moderniser les panneaux solaires de l'ISS. Les astronautes installent une nouvelle surface qui va augmenter de 30% la capacité énergétique de la station, ce qui n'est pas négligeable quand on sait qu'il y a de plus en plus d'appareils et de personnes à bord.

Il ne devait y avoir, pour cette opération, que deux sorties extravéhiculaires. Sauf que durant la première, le coéquipier de Thomas Pesquet, l'Américain Shane Kimbrough, a eu un problème de scaphandre. Ce n'était pas très grave, sa vie n'était pas en danger, mais cela a nécessité de réinitialiser tout l'informatique. Il a donc dû retourner dans le sas, et toute l'équipe a perdu une heure. 

Lors de la deuxième sortie, les deux astronautes ont donc fini de poser le premier panneau, avant de s'attaquer au deuxième. Ce vendredi, ils sont donc forcés de réaliser une troisième sortie pour finir de poser ce second panneau.

Les astronautes sont régulièrement recouverts d'ecchymoses- Christine Chapel

Quels sont les aspects les plus difficiles de ces sorties ?

La partie du corps qui travaille le plus dans une sortie extravéhiculaire, ce sont les mains, parce que les astronautes passent leur temps à s'accrocher à la station et à s'en décrocher, car un astronaute doit toujours être maintenu en au moins deux points. Les outils aussi sont constamment accrochés à leur combinaison. Dès lors, une sortie extravéhiculaire de 6h30, c'est comme presser avec sa main une balle de tennis pendant le même laps de temps. 

Le reste du corps est, lui aussi, soumis à rude épreuve. Car un scaphandre, même en apesanteur, n'est pas un vêtement sur-mesure. Certaines parties frottent au corps, et les astronautes sont régulièrement recouverts d'ecchymoses. 

À la fin d'une sortie extravéhiculaire, ils sont également éreintés. Par exemple, lorsqu'on lui enlève son casque à la fin de l'opération, Thomas Pesquet est littéralement trempé de sueur. D'autant que les dernières sorties étaient particulièrement longues : la première a duré 7h15. Et au-delà de l'effort physique, les astronautes n'ont pas la possibilité de faire de petits gestes apparemment anodins, comme se gratter le nez. Ils peuvent néanmoins boire grâce à un tube et un réservoir, et uriner dans des couches.

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Thomas Pesquet, en sortie spatiale : comment les astronautes se préparent

Quels sont les principaux risques ?

Les astronautes risquent notamment de perdre un objet dans l'espace. C'est la mésaventure advenue à l'Américain Heidemarie Stefanyshyn-Piper en 2008, lorsqu'elle avait perdu sa boite à outils. Celui-ci est alors devenu un nouveau débris spatial, lâché sur la même orbite que l'ISS, et menaçant donc la sécurité de la station.

Les astronautes sont aussi soumis au risque de s'évanouir. Là encore, le scénario est inclus dans les protocoles. Il prévoit que le coéquipier de celui qui fait le malaise le ramène rapidement vers l'ISS.

De manière générale, ces sorties se passent bien, parce que des procédures de sécurité extrêmement précises sont prévues. Reste qu'il existe toujours un risque qu'un astronautes se détache, et connaisse un scénario à la Gravity. C'est pour cela qu'ils ont toujours, intrégé à leur combinaison, un propulseur qui leur permettait, dans le cas où ils seraient détachés de l'ISS, de s'en rapprocher. 

En 1965 er 2016, deux sorties extravéhiculaires ont failli très mal se terminer- Christine Chapel

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Rappelons que deux cas de sorties extravéhiculaires ont manqué de très mal se terminer, dont la toute première de l'histoire, réalisée par le Soviétique Alexeï Leonov le 18 mars 1965. À cette époque, on ne connaissait pas les effets du vide sur les corps et les combinaisons. Dès lors, quand il a tenté de rentrer dans sa capsule, son scaphandre avait gonflé sous l'effet du vide, et il ne pouvait plus entrer. Il y est finalement parvenu en faisant un petit trou dans sa combinaison, pendant que son coéquipier le tirait vers l'intérieur.

Le deuxième cas implique l'Italien Luca Parmitano, le 16 juillet 2016. Ce jour-là, en pleine sortie extravéhiculaire, le système de régulation thermique de son scaphandre a présenté un problème, faisant fuir de l'eau qui a commencé à remplir son casque, et l'a empêché de communiquer avec ses équipes. Il était donc rendu sourd, aveugle et muet par ce souci technique. S'il s'en est finalement sorti, il a manqué de se noyer.

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