Espace : trois astronautes envoyés vers leur station spatiale, la plus longue mission habitée pour la Chine

La Chine a lancé SHENZHOU-13, sa plus longue mission habitée dans l’espace

ESPACE - Trois astronautes chinois sont arrivés dans la nuit sur le chantier de leur station spatiale, à près de 400 kilomètres d'altitude, afin de poursuivre sa construction. Il s'agit de la plus longue mission habitée de l'histoire de la Chine.

La Chine poursuit sa conquête de l'espace. Trois astronautes, dont une femme, sont arrivés ce samedi sur le chantier de la station spatiale chinoise, afin de poursuivre sa construction. Leur vaisseau Shenzhou-13 a été propulsé pendant la nuit par une fusée Longue-Marche 2F, du pas de tir de Jiuquan dans le désert de Gobi (nord-ouest), selon l'Agence chinoise des vols spatiaux habités (CMSA). Elle a qualifié le décollage de succès et assuré que l'équipage était "en bonne santé".

Moins de sept heures après son lancement, Shenzhou-13 s'est arrimé au port radial de la station spatiale. À environ 350-400 kilomètres d'altitude, les trois astronautes vont séjourner dans Tianhe ("Harmonie céleste"), le seul module déjà en orbite sur les trois qui constitueront à terme la station spatiale. Six mois durant, ils devront poursuivre la construction de la station, vérifier les différents équipements, mais aussi réaliser des expériences scientifiques, notamment en faisant remonter de précieuses informations sur la façon dont leur corps s'adapte à ce long séjour. Ils réaliseront également deux ou trois sorties dans l'espace.

Wang Yaping, première Chinoise à effectuer une sortie dans l'espace

La durée de ce séjour dans l'espace constitue un nouveau record pour la Chine : le double du précédent record pour une mission habitée, établi en septembre par les membres de la mission précédente, Shenzhou-12, restés trois mois dans Tianhe. "La raison de ce séjour prolongé est de gagner en expérience en matière de missions de longue durée", explique Erik Seedhouse, un professeur spécialisé dans les opérations spatiales à l'Université d'aéronautique Embry-Riddle, aux États-Unis. "La principale difficulté pour les astronautes va être de maintenir leur masse musculaire et de réduire leur perte osseuse" dans un environnement en apesanteur qui affaiblit les organismes.

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Le nouvel équipage comprend deux hommes : Zhai Zhigang (55 ans), le premier Chinois à avoir effectué une sortie extravéhiculaire, en 2008, et Ye Guangfu (41 ans), qui vit son premier vol spatial. Ils feront équipe avec Wang Yaping (41 ans), qui participe à une nouvelle mission habitée, huit ans après un premier voyage en 2013, qui avait fait d'elle la deuxième Chinoise dans l'espace. Connue pour avoir donné, pendant son précédent séjour, un cours de physique en direct à 60 millions d'écoliers grâce à une liaison vidéo, elle renouvellera l'expérience au cours de cette mission. Elle deviendra également la première Chinoise à effectuer une sortie dans l'espace.

Une station concurrente de l'ISS

Cette mission est la cinquième sur les onze (habitées et non habitées) nécessaires au total à la construction de la station spatiale chinoise, qui devrait être achevée fin 2022. Appelée Tiangong ("Palais céleste"), elle sera semblable en taille à l'ancienne station soviétique Mir (1986-2001). Sa durée de vie sera d'au moins 10 ans. Les deux autres modules constituant la station, nommés Mengtian et Wentian (des laboratoires), seront envoyés l'an prochain dans l'espace et arrimés à Tianhe. Ils permettront de faire des expériences en matière de biotechnologie, de médecine ou d'astronomie.

L'ambition chinoise de bâtir une station a été nourrie par le refus américain d'accepter des Chinois dans la Station spatiale internationale (ISS) - issue d'une collaboration entre États-Unis, Russie, Canada, Europe et Japon. De son côté, l'agence spatiale chinoise a de nouveau assuré jeudi que des spationautes étrangers pourraient se rendre dans Tiangong.

La Chine investit depuis plusieurs décennies des milliards d'euros pour rattraper les autres puissances spatiales. Elle est devenue en mai le deuxième pays, après les États-Unis, à faire évoluer sur Mars un petit robot. La Chine avait également posé début 2019 un engin sur la face cachée de la Lune - une première mondiale. L'an passé, elle avait rapporté des échantillons lunaires et finalisé Beidou, son système de navigation concurrent du GPS américain. Elle a placé jeudi en orbite autour de la Terre son premier satellite d'observation du soleil. À un horizon plus lointain, Pékin prévoit d'envoyer des humains sur la Lune (vers 2030) et d'y ériger une base avec la Russie.

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