La Chine envoie avec succès trois astronautes vers sa station spatiale

La Chine envoie avec succès trois astronautes vers sa station spatiale

CONQUÊTE SPATIALE - Il s'agit du premier vol chinois habité depuis près de cinq ans. Les astronautes doivent rester trois mois en orbite, un record en perspective pour le géant asiatique.

Thomas Pesquet et ses collègues ont désormais des voisins. Les trois astronautes chinois, ou taïkonautes, ont décollé jeudi pour le premier vol à destination de sa station spatiale, appelée Tiangong ("Palais céleste"), et que Pékin assemble face à la Station spatiale internationale. À 9h22 (01h22 GMT), comme prévu, la fusée Longue-Marche 2F a quitté son pas de tir du Centre de lancement spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi (nord-ouest), avant de s'installer en orbite dix minutes plus tard. 

Un placement en orbite réussi

Le vaisseau Shenzhou-12, lancé jeudi, s'est arrimé "avec succès" à l'unique module de la Station spatiale chinoise déjà dans l'espace. Centre de contrôle et lieu de vie des astronautes, ce module a été placé fin avril en orbite terrestre basse (à 350-390 km d'altitude). À son bord, les astronautes ne chômeront pas : maintenance, installation de matériel, sorties dans l'espace, préparation des missions de construction à venir et des séjours des futurs équipages. 

Une fois terminé, "le Palais céleste" sera semblable en taille à l'ancienne station soviétique Mir (1986-2001). Sa durée de vie sera d'au moins dix ans. La mission Shenzhou-12 constitue le troisième lancement sur les 11 qui seront nécessaires à la construction de la station entre 2021 et 2022. Quatre missions habitées sont prévues au total. 

En plus du module Tianhe déjà en place, les deux modules restants (qui seront des laboratoires) devraient être envoyés dans l'espace en 2022. Ces derniers permettront de mener des expériences en matière de biotechnologie, médecine, astronomie ou encore technologies spatiales.

Une question de prestige pour la Chine

Dans un contexte de tension avec l'Occident, la réussite de la mission est une question de prestige pour Pékin, qui s'apprête à célébrer le 1er juillet le centenaire du Parti communiste chinois. Le géant asiatique s'est résolu à construire sa propre station dans l'espace après le refus des États-Unis de la laisser participer à la Station spatiale internationale. 

"Nous sommes prêts à coopérer avec n'importe quel pays qui s'engage en faveur de l'utilisation pacifique de l'espace", a pour autant déclaré mercredi Ji Qiming, un haut responsable de l'Agence chinoise des vols habités.

Lire aussi

Juste avant le départ, le commandant de la mission Nie Haisheng, accompagné de Liu Boming et Tang Hongbo, ont dit adieu à leurs proches et à leurs collègues lors d'une cérémonie au fort contenu patriotique au cours de laquelle a retenti un vieux refrain révolutionnaire : "Pas de Chine nouvelle sans le Parti communiste".

Le trio a subi plus de 6.000 heures d'entraînement, dont des culbutes en piscine en combinaison spatiale, afin de s'habituer aux sorties en apesanteur. "Nous nous sommes battus à chaque minute pour accomplir notre rêve spatial", a témoigné avec ferveur Liu Boming. "Je me suis entraîné en me consacrant à la cause."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

VIDÉO - Les vaccinés, aussi contagieux que les non-vaccinés ? Les précisions du Pr Bréchot

Covid-19 : la Guadeloupe reconfinée pour au moins trois semaines à partir de mercredi soir

L’Ordre des médecins s’inquiète de l’extension du pass sanitaire à l’hôpital

Nouvelle carte d'identité : trois choses à savoir sur le format désormais en vigueur

EN DIRECT - JO de Tokyo : les handballeurs français s'offrent une demi-finale

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.