La forêt amazonienne émet désormais plus de CO2 qu'elle en absorbe, selon une étude

Zone brûlée de la forêt tropicale amazonienne, au sud de l'Etat de Pará, au Brésil, le 16 août 2020.

ECOLOGIE - Les auteurs de l'étude, publiée ce mercredi dans la revue "Nature", pointent les effets de la déforestation et du changement climatique. La forêt amazonienne joue un rôle important dans l'absorption des gaz à effet de serre.

La déforestation et le changement climatique auraient-ils eu raison du "poumon de la planète" ? Selon une étude publiée mercredi 14 juillet dans la revue Nature, une grande partie du bassin de l’Amazonie émet désormais plus de C02 qu’il n’en absorbe. Le sud-est de la forêt, notamment, serait passé du statut de "puits de carbone" à celui de source de ce gaz, facteur déterminant dans la hausse globale des températures du Terre.

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La forêt amazonienne touchée par des incendies ravageurs

Les auteurs du texte se fondent sur environ 600 échantillons de CO2 et de monoxyde de carbone, prélevés entre 2010 et 2018 à des altitudes diverses. Une approche qui permet d’aller au-delà des données satellites sur lesquelles se fondaient de précédentes études, mais qui sont tributaires d’une absence de nuages au-dessus de la zone.

Pour expliquer cette évolution, les chercheurs mettent en avant plusieurs facteurs, dont les incendies utilisés pour dégager de l’espace pour l’élevage et l’agriculture. "La déforestation et la dégradation de la forêt réduisent les capacités de l'Amazonie à agir comme puits de carbone", écrivent-ils. Le changement climatique est également un élément aggravant, alors que les températures pendant la saison sèche ont gagné près de 3°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

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Ce contexte "remet en cause la capacité des forêts tropicales à séquestrer à l'avenir de larges volumes de CO2 dérivé des énergies fossiles", relève Scott Denning, de l'université du Colorado, dans un commentaire publié également dans Nature. Au cours des 50 dernières années, les plantes et les sols auraient absorbé plus d’un quart des émissions de CO2, alors que ces dernières ont augmenté de 50%. L’Amazonie représentant la moitié des forêts tropicales, elle stocke 450 milliards de tonnes de CO2 par ce biais.

Si le rapport entre émission et absorption venait à s’inverser, les auteurs craignent donc que la crise climatique ne fasse qu’empirer. Le dépérissement de la forêt amazonienne fait partie des "points de bascule" identifiés par les scientifiques comme susceptibles d’entraîner un changement climatique irrémédiable. Parmi les autres : la fonte des calottes glaciaires, le dégel du permafrost et la disparition des récifs coralliens. 

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