Mammouths, rhinocéros laineux... Ils se seraient éteints plus tard qu'on le croyait, selon une étude

Les essentiels de l'info du 26 octobre 2021 à 06h29

SCIENCES - Les créatures géantes de l'ère glaciaire auraient coexisté en même temps que les humains, d'après une vaste étude menée sur les dix dernières années à travers le cercle Arctique, avant de s'éteindre vers 3900 avant notre ère.

Ils ont même cohabité avec des humains, avant de disparaître pour de bon. Les mammouths, les rhinocéros laineux et autres créatures géantes de l'ère glaciaire (bisons et chevaux des steppes notamment) ont survécu plus longtemps que les scientifiques ne le pensaient jusqu'à présent d'après les résultats d'un ambitieux projet de recherche mené sur les dix dernières années et publié dans la revue Nature

Les scientifiques à l'origine de l'étude ont analysé l'ADN plus d'un demi millier d'échantillons à travers le cercle Arctique, extraits du pergélisol et de sédiments de lacs gelés à travers la Sibérie, l'Alaska, le Canada ou la Scandinavie. En tout, 73 sites où des restes de mammouths avaient été retrouvés par le passé ont été passés au crible. 

Ces recherches ont permis de déterminer que des mammouths vivaient en Sibérie continentale il y a 3900 ans, soit plusieurs centaines d'années après la construction de la grande pyramide de Gizeh en Égypte ou encore l'érection des mégalithes de Stonehenge. Jusqu'à présent, les chercheurs estimaient que la plupart des mammouths laineux s'était éteint il y a environ 10.000 ans.

Le constat est le même pour les rhinocéros laineux, qui erraient encore dans la zone Arctique il y a 9800 ans selon l'étude, qui contredit les recherches antérieures, qui estiment leur disparu il y a environ 14.000 ans. Leur extinction a été consécutive de la disparition des steppes de mammouths, un écosystème qui leur était favorable, remplacées par un climat plus chaud et humide.

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La thèse d'une extinction climatique renforcée

Jusqu'alors, les prélèvements étaient surtout effectués sur des dents ou des restes de ces créatures. Or, selon Yucheng Wang, chercheur associé au département de zoologie de l'université de Cambridge et l'un des auteurs de l'étude, cité par la chaîne américaine CNN, "un animal répand continuellement de l'ADN tout au long de sa vie dans ses excréments, son urine, ses cellules épidermiques et ses cheveux, contenant des millions de segments d'ADN (...) il n'est pas surprenant que l'ADN sédimentaire puisse produire une estimation d'extinction plus tardive et plus précise."

La raison de leur extinction fait l'objet d'un débat scientifique depuis plus d'une centaine d'années autour de deux théories principales : les mammouths ont été chassés à mort dans les siècles qui ont suivi leur premier contact avec les humains, ou ils n'ont pas été capables de s'adapter assez rapidement à un climat changeant rapidement à la fin de la période glaciaire. Ce chevauchement plus long entre les humains et les mammouths décrit dans l'étude renforcerait la seconde hypothèse.

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