Thomas Pesquet de retour sur Terre : que va-t-il advenir de l’ISS, en fin de vie ?

Ça y est ! Thomas Pesquet est de retour sur Terre après six mois de mission à bord de la Station Spatiale Internationale.

LONGÉVITÉ - Lancée en 1998, la station spatiale internationale (ISS) voit sa mise hors service être régulièrement reportée. Mais l’utilisation de la structure en orbite est amenée à évoluer dans les prochaines années.

Après six mois dans l'espace, Thomas Pesquet a réussi lundi sa redescente sur Terre. L'astronaute français laisse derrière lui une station spatiale internationale en fin de vie. Vieillissante et coûteuse, la structure orbitale continuera de fonctionner comme aujourd’hui jusqu’en 2024. L'accord intergouvernemental entre les pays européens - représentés par l'Europe avec l’ESA, les États-Unis avec la Nasa, le Japon avec Jaxa, le Canada avec ASC et la Russie avec Roscosmos - a été reconduit jusqu’à cette date. Mais pour la suite, rien n’est écrit. 

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La Russie se désengage dès 2025...

Les Russes, pourtant pionniers des stations orbitales habitées, ont d'ores et déjà annoncés leur retrait du projet à partir de 2025. La vétusté des équipements se fait de plus en plus sentir, notamment dans la partie russe. "L'état actuel du segment russe de l'ISS a de quoi soulever des inquiétudes", a ainsi déclaré en mai dernier Vladimir Soloviev, directeur du vol du segment et ingénieur en chef de RKK Energuia, la société chargée de la maintenance de la partie russe de la station. Selon lui, "environ 80% des systèmes de vols sont à la fin de leur durée de service, ce qui veut dire qu'une fois que tous les systèmes auront épuisé leur durée de service, dès le lendemain des pannes irréparables pourront intervenir"

"Nous ne pourrons plus assurer la sécurité de nos cosmonautes à bord", a souligné en avril dernier le vice-Premier ministre russe Youri Borisov, dans une déclaration rapportée par la BBC. 

... et la Nasa pourrait suivre

De leur côté, l'ESA et la Nasa ne verraient pas d'un mauvais œil de prolonger la station jusqu'en 2030. "D'un point de vue technique, nous avons validé que l’ISS pourra voler jusqu’en 2028. De plus, notre analyse n’a identifié aucun problème qui empêcherait une extension au-delà de 2028", a récemment annoncé la Nasa. Oui mais voila, le Congrès américain tarde à donner son feu vert pour financer le projet après 2024. Or, il apparaît improbable que la station puisse continuer à être exploitée sans les financements américains et russes. 

L'entretien de l'ISS nécessite en outre l'emploi de fonds considérables (150 milliards de dollars investis depuis 1998, auxquels il faut ajouter entre 3 et 4 milliards de dollars d'entretien annuel). Des coûts dont la Nasa pourrait, in-fine, vouloir se passer pour favoriser d'autres projets, à commencer par celui d'un retour sur la Lune ou un voyage vers Mars. La construction d'une nouvelle station, "Lunar Gateway", est d'ailleurs engagée. 

Désorbiter la station, une opération "trop dangereuse"

Par conséquent, le mastodonte de l'espace pourrait - à l'instar de l'ancienne station Mir - être désorbité puis pulvérisé au-dessus de l'Océan Pacifique dans les années à venir. Mais il s'agit d'une manœuvre extrêmement complexe, pas dénuée de risque. "C’est simple, on ne sait pas descendre l’ISS. La structure est très grosse, si on la désorbite, des morceaux vont atterrir sur la moitié du globe, c’est trop dangereux", confirme auprès de Libération Sébastien Barde, sous-directeur Science et Exploration au Centre national d’étude spatiale (Cnes). 

L'option crash semble donc à oublier. Reste celle du démontage, module par module. Mais il existe, là aussi, un obstacle de taille : le coût pharaonique d'une telle opération. Dépenser des sommes folles pour ramener l’ISS au sol, morceau par morceau, n’est donc tout bonnement pas envisageable.

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Dès lors, une autre hypothèse tient la corde. Dans les prochaines années, le laboratoire spatial pourrait être reconverti. Dès 2018, Donald Trump avait fait part de sa volonté de privatiser la station spatiale internationale. Une piste qui plairait à de nombreuses (grandes) entreprises, comme le SpaceX d'Elon Musk ou Blue Origin de Jeff Bezos. 

L’idée serait d’y installer des laboratoires privés, des lieux pour créer de nouvelles technologies, poursuivre les expériences et, bien sûr, d'accélérer le développement du tourisme spatial. Axiom Space planche, en outre, sur sa propre station spatiale dont le premier module pourrait être raccordé à l'ISS dès 2024. C'est donc une seconde existence - commerciale cette fois - qui pourrait attendre la station spatiale internationale. 

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