40 jours dans une grotte : les confinés de l'extrême font le bilan

40 jours dans une grotte : les confinés de l'extrême font le bilan

DEUX MOIS APRÈS - Les 15 volontaires de l’opération "Deep Time", qui ont passé 40 jours dans une grotte de l'Ariège entre mars et avril, se sont retrouvés à l'Institut du Cerveau pour donner leurs analyses concernant cette expérience et les répercussions sur leur vie quotidienne.

"Je ne sais pas si c'est à cause de la grotte ou si c'est la vie effrénée de Terrien...", s'interroge Tifaine Vuarier en avouant ressentir "encore de la fatigue". Un peu plus de deux mois après la fin de son confinement dans une grotte en Ariège, cette psychomotricienne et les autres participants de l'expérience "Deep Time" avaient rendez-vous ce week-end pour une batterie de tests à l'Institut du Cerveau, à Paris.

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Durant cette expérience, qui a duré du 14 mars au 24 avril, les quinze volontaires étaient restés enfermés pendant 40 jours dans le noir. Sans montre, sans téléphone ni lumière naturelle, ils ont dû s'habituer aux 12 degrés et 95 % d'humidité de la grotte ariégeoise de Lombrives. Il a également fallu qu'ils génèrent eux-mêmes leur électricité par un système de pédalo et qu'ils puisent l'eau dont ils ont eu besoin à 45 mètres de profondeur. 

Analyse des conséquences sur le cerveau et l'organisme

Grâce à plusieurs capteurs, ils étaient suivis par une dizaine de scientifiques depuis la surface. Car ce projet avait aussi pour but de collecter des données, notamment sur la manière dont le cerveau et l'organisme se modifient lorsqu'ils doivent faire face à des situations extrêmes. 

"On vit des événements de plus en plus traumatiques. La covid, les attentats, le réchauffement climatique qui va modifier les choses, et finalement on comprend très mal ce que ça veut dire pour nous, dans la manière dont nous avons réagi à ces situations, analyse ainsi Christian Clot, qui a imaginé l'expédition et y a participé, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Ça va permettre de mieux comprendre la cognition, la manière de prendre des décisions, la manière de ressentir des émotions...", espère ainsi le fondateur du "Human Adaptation Institute". 

Une incidence sur le retour à la vie "normale"

Il s'agissait également d'étudier la capacité d'adaptation de chacun face à une perte totale de repères. "Les journées étaient plus longues, plus étirées dans le temps. Au lieu d'être sur un cycle de 24 h, on était plus sur un cycle de 32-33 h, et du coup on avait le temps de faire plus de choses en fait", explique Marina Lançon, guide en tourisme d'aventure. À l'issu des 40 jours, elle pensait n'en avoir passés que 29. 

Ce ralentissement du temps ne fut d'ailleurs pas sans conséquence sur le retour à la vie "normale" pour Kora Saccharin, analyste en intelligence économique. "J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de choses à gérer. Et j'étais très distraite, ce qui ne m'arrive absolument pas la majorité du temps", observe-t-elle. 

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Si l'immersion est donc bien terminée, l'expérience, elle, est encore loin d'avoir dévoilé toutes ses répercussions sur les habitudes de chacun et le corps humain. Il faudra encore attendre des mois pour que neurologues, biologistes ou spécialistes du comportement livrent les résultats de cette expédition scientifique et humaine.

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