Cet avion est le seul appareil 100% électrique commercialisé dans le monde

Cet avion est le seul appareil 100% électrique commercialisé dans le monde

TRANSPORT PROPRE – Un seul avion électrique, slovène, a pour l'heure été certifié par l'Agence européenne de sécurité aérienne. Mais la France n'est pas en reste dans cette course à l'innovation.

C’est un avion biplace, léger, maniable et surtout électrique que l’on pourrait voir, à défaut de l’entendre, de plus en plus dans le ciel européen : le Velis Electro prend son envol, en pleine mutation d’un secteur aéronautique à la recherche de solutions pour réduire son impact environnemental. Le biplace du constructeur slovène Pipistrel est le seul avion électrique à avoir été certifié par l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA). 

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Sur la piste de l’aéroclub de Brest, le monomoteur d’à peine 428 kg, batteries comprises, décolle en un rien de temps, sans avoir à chauffer son moteur. Sur la piste, seul le bruit sourd de ses trois pales d’hélices est audible, tel un gros ventilateur. À environ 300 mètres du sol et une vitesse de 170 km/h, le bruit des pales se confond avec celui de l’écoulement de l’air sur la carlingue. "Là, ce qu’on entend principalement, c’est le bruit de l’air sur la machine. On émet beaucoup moins de nuisances sonores pour les riverains qu’on est obligés malheureusement de survoler", note le pilote dans le reportage de TF1 en tête de cet article.

"Pour une heure de vol, c’est 40 minutes de recharge", précise Charles Cabillic, fondateur de la société bretonne Green Aerolease, qui loue à l'aéroclub de Brest et à la compagnie Finistair l'un des 50 avions électriques qu'elle a achetés à Pipistrel. "On parle de 2 euros d’électricité par heure de vol, là où on est à 40 50 euros de carburant pour un avion thermique équivalent donc sur une année, vous imaginez 400 heures de vol en moyenne pour un avion, on parle de quelques dizaines de milliers d’euros d’impact", a-t-il calculé. 

La propulsion électrique se cantonne pour l’heure aux petits avions, et notamment aux futurs taxis volants en milieu urbain. Le poids nécessaire des batteries pour stocker l’énergie la rend en effet inadaptée aux avions de ligne. 

L’avion de tourisme de demain à Belfort

Le Velis Electro est pour l’instant le seul avion 100% électrique commercialisé dans le monde. Mais dans cette course à l’innovation, les Français ne sont pas à la traîne. Plusieurs entreprises tentent de fabriquer des avions électriques, mais aussi plus autonomes, comme dans celle de Belfort que visite TF1. 

Là-bas, les ingénieurs mettent au point l’avion de tourisme de demain. Pour David Gallezot, le fondateur de l’entreprise Avions Mauboussin, le marché de l’avion décarboné est prometteur. "85% de la flotte a plus d’une trentaine d’années d’âge, et doit être remplacée par des modèles plus modernes comme les nôtres pour atteindre les objectifs de la transition écologique", affirme-t-il. 

Pour soutenir cette transition, l’Etat a accordé une subvention de 800.000 euros à l’entreprise de Belfort. L’argent est utilisé pour construire un prototype, recruter des ingénieurs et des commerciaux mais aussi lever des fonds. "Il est devenu courant maintenant que les investisseurs attendent les aides publiques pour se rassurer sur la qualité. C’est une espèce de brevet ou de labellisation de la qualité du projet aux yeux des investisseurs privés", poursuit David Gallezot.

Des avions électriques avec de plus en plus de passagers

Mais fabriquer de tels avions reste compliqué. En Charente-Maritime, les ingénieurs de la société VoltAero ont eu du mal à trouver comment placer 400 kilos de batteries, qui sont beaucoup plus lourdes que des réservoirs de kérosène, dans les ailes et le nez de leur prototype. "C’est très compliqué. Il faut emmener beaucoup de poids de batterie pour avoir de l’autonomie, c’est directement lié", explique l’un d’eux. 

Avec des batteries, l’avion charentais ne vole que 30 minutes, contre cinq heures avec de l’essence. De fait, lors de chaque vol, toutes les données sont enregistrées. "On veut absolument aboutir. Il y a des moments de réussite, d’autres d’échec et il faut garder cette motivation et cette excitation pour aller au bout", confie un pilote. 

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Leur but : proposer des avions transportant de plus en plus de passagers. "Le rendement énergétique des batteries aujourd’hui nous autorise à faire un avion qui peut aller jusqu’à dix, voire quinze places. Pour aller au-delà, il faut vraiment une augmentation de l’énergie des batteries de façon très significative. On n'en est pas là", admet Jean Botti, fondateur de Voltaero. 

À plus long terme, les recherches portent sur la pile à combustible pour alimenter un moteur électrique en s’affranchissant des batteries : l’électricité serait produite à bord par la réaction chimique de l’oxygène prélevé dans l’air avec de l’hydrogène liquide embarquée dans des réservoirs.  Airbus prévoit de faire voler ses premiers avions électriques ainsi en 2035. 

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