Le mini-drone, le nouvel espion de l’armée française

Le mini-drone, le nouvel espion de l’armée française

FUTURISTE - Après plusieurs années de difficultés financières, voilà un contrat qui va revigorer la société française Parrot, spécialisée dans la haute technologie. L'armée française vient de lui acheter 300 micro-drones qui seront destinés à des missions militaires de reconnaissance et de renseignement.

C'est un bijou de technologie qui tient dans la paume de la main, idéal pour la surveillance de jour comme de nuit des zones sensibles. L'armée française va s'équiper de 300 mini-drones, fabriqués par la société française Parrot. Ce contrat sur 5 ans, conclu au terme d'un appel d’offres européen lancé début 2020 va permettre à cette entreprise de relever la tête après plusieurs années de difficulté. Il prévoit au total la livraison de "plusieurs centaines de systèmes de drones et d'équipements complémentaires", indique le ministère des Armées, sans préciser le montant du contrat. 

"L'équipement en systèmes de micro-drones collectifs répond à un besoin opérationnel des trois armées, aussi bien pour les forces conventionnelles que pour les forces spéciales", et sera destiné aux troupes déployées en opération, aux bâtiments de la Marine nationale ou à la protection des sites militaires, poursuit le communiqué. La répartition de ces mini-drones au sein des armées devrait être de 60% pour l'armée de Terre, 28% pour la Marine nationale et 12% pour l'armée de l'Air et de l'Espace.

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Un poids plume

La Direction générale de l'Armement (DGA) a été rapidement convaincue par les qualités de cet aéronef. Il faut dire que sa petite taille en fait un compagnon d'une discrétion absolue. De plus,  il peut zoomer et distinguer des formes humaines jusqu'à deux kilomètres. "Ses principaux atouts sont une utilisation simple grâce à une ergonomie très aboutie et sa rapidité de mise en œuvre, autour d'une minute", détaille Guillaume, directeur d'essai à la DGA. Il possède par ailleurs trois caméras, dont une thermique qui capte les sources de chaleur. Ce drone peut donc repérer quelqu'un alors qu'il fait nuit noire. Même les voitures ne lui échappent pas à cause de la chaleur de leur moteur.

L'autre atout de ce drone, c'est son poids. Il pèse 500 g, ce qui est aussi léger qu'un paquet de pâtes. Et passé 130 mètres, on ne l'entend plus. Une autre qualité très utile pour les militaires. "C'est quelque chose qui est très appréciable pour se rendre compte, voir, surveiller des zones et détecter une menace éventuelle", confirme Thibault, responsable du département robotique à la DGA. "Il va ainsi servir pour des besoins de reconnaissance et de renseignement".

Des données protégées

Un risque demeure malgré tout, le piratage et la fuite de données. Avec l'armée, elles sont souvent sensibles. La preuve en Afghanistan il y a trois ans, un appareil plus simple qu'un drone jouait déjà un mauvais tour à l'armée américaine. Les montres connectées des soldats révélaient leur trajet via le GPS intégré, au point de dessiner très exactement le tracé de leur base. Conscient du risque, le fabricant du micro-drone assure avoir placé beaucoup d'efforts dans la protection de ces données. 

"Les données restent la propriété de l'utilisateur, et on lui offre la possibilité de les protéger que ce soit dans le système de communication qui est sécurisé entre la télécommande et le drone, ou celles qui sont stockées sur le drone avec le meilleur niveau de chiffrement et la meilleure protection possible", explique Victor Vuillard, responsable de la sécurité chez Parrot.

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Des garanties déterminantes pour l'armée française qui attend ses premières livraisons en juin. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, le gouvernement américain a lui-aussi placé le fabricant tricolore dans son très court catalogue de fournisseur potentiel.

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