VIDEO - Sortie hors de l'ISS de Thomas Pesquet : tout ne s'est pas passé comme prévu

Pesquet dans l'espace : une première sortie plus difficile que prévue

MISSION (PRESQUE) ACCOMPLIE - L'astronaute français Thomas Pesquet a effectué une sortie de sept heures hors de la Station spatiale internationale. Une mission complexe en compagnie de l'astronaute américain Shane Kimbrough lors de laquelle tout ne s'est pas passé comme prévu.

Et de trois ! L'astronaute Français Thomas Pesquet s'est élancé ce mercredi pour la troisième fois de sa vie dans le vide spatial, aux côtés de l'Américain Shane Kimbrough. Leur mission : installer un nouveau panneau solaire sur la Station spatiale internationale. Une sortie extra-véhiculaire ("EVA") complexe et très physique qui a duré près de sept heures et qui n'a pu être que partiellement achevée.

"Vous avez fait un travail fantastique aujourd'hui", leur a dit au terme de  l'opération Jenni Sidey, responsable de la Nasa qui était en permanence en  contact avec eux depuis la Terre. "C'était une EVA compliquée." Thomas Pesquet comptabilise désormais 19 heures et 47 minutes passées en  sortie spatiale. Il s'agissait pour lui de la troisième de sa carrière. C'était  la septième pour Shane Kimbrough, et la 239ème dans l'histoire de l'ISS, qui  file en orbite à 400 kilomètres au-dessus de la Terre.

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Un heure précieuse a été perdue

Les deux hommes avaient déjà effectué deux sorties dans l'espace côte à côte en 2017, mais celle-ci, la première depuis leur arrivée dans l'ISS fin avril, était inédite sur le plan technique. Les deux "mécanos" devaient déployer un panneau solaire nouvelle génération, appelé iROSA, le premier d'une série de six panneaux destinés à augmenter les capacités de production d'énergie de l'ISS.  

Mais à mi-parcours, la mission a dû être temporairement mise sur pause à  cause de soucis concernant la combinaison de Shane Kimbrough. Les équipes de la Nasa ont observé une interruption dans la transmission  des données permettant de contrôler l'état de son scaphandre, ainsi qu'un  soudain pic de la pression de son système de refroidissement. L'astronaute a dû revenir au sas de la Station et opérer une  réinitialisation, avant de ressortir. Pendant ce temps, Thomas Pesquet  l'attendait, accroché par les pieds à un bras robotique. La mission a finalement repris, les données de contrôle étant stabilisées.  Shane Kimbrough n'a à aucun moment été "en danger", a rassuré la Nasa.

Mais une précieuse heure a été perdue. Les deux astronautes ont ensuite déplacé le panneau solaire, replié sur  lui-même en un gros rouleau d'environ 350 kilos, jusqu'à l'endroit où il devait  être installé. Ils l'ont fixé et ont tenté de le déplier, mais un problème d'alignement  est venu interférer avec le mécanisme, empêchant son déploiement. Ils ont alors regagné l'intérieur de la Station.

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Sortie dans l’espace de Thomas Pesquet : plus de 6 heures dans le grand vide.

Avant l'ouverture du sas, la Nasa a montré des images du duo se préparant, engoncés dans leurs scaphandres, assistés par leurs collègues américains Megan McArthur et Mark Vande Hei. Il s'agit de la 239e sortie spatiale de l'histoire de l'ISS. 

La mission des deux astronautes était éprouvante. "une EVA revient à courir un 100 mètres sur la durée d'un marathon", explique à l'AFP Hervé Stevenin, chargé de l'entraînement à ces sorties pour l'Agence spatiale européenne (ESA). "Travailler en scaphandre est extrêmement difficile. Tous les sens sont limités, on manque de dextérité avec les gants : tenir un outil, c'est comme presser une balle de tennis, des centaines de fois pendant six heures", décrit l'instructeur.

Malgré un champ de vision limité, les astronautes doivent avoir en permanence une "conscience de leur environnement qui va au-delà de la vie de tous les jours". Sans compter l'inconfort : avec le temps de préparation, ils restent engoncés une dizaine d'heures dans leur scaphandre, comme dans une "boîte de conserve", avec seulement une petite poche d'eau pour boire.

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Aucun danger malgré tout que les deux hommes tombent dans le vide, puisqu'une "triple sécurité", incluant un câble les reliant en permanence à la Station, empêche le scénario cauchemardesque du film "Gravity" de se produire en vrai, rassure l'expert.

La Nasa doit désormais décider de la suite des événements: dimanche, les astronautes finiront-ils l'installation du premier panneau, ou s'attèleront-ils au deuxième, comme prévu initialement?

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