20 ans et 1.000 vols spatiaux : l’équation d’Elon Musk pour établir une ville sur Mars

Représentation d'artiste : humains foulant le sol martien.
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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

ESPACE - Elon Musk rêve de voir l’Homme aller un jour sur Mars. Le milliardaire, fondateur de la société SpaceX, a livré de nouveaux détails sur son projet d’établir une ville sur la planète rouge.

Faire de l'Humanité une espèce interplanétaire, en commençant par la colonisation de Mars. Tel est le rêve d'Elon Musk. La semaine dernière, répondant à une question d’un internaute sur Twitter, le serial entrepreneur de la Silicon Valley est revenu, en chiffres cette fois, sur son ambitieux plan pour établir une ville sur la planète rouge. Rome n'a pas été construite en un jour, et il en sera de même pour la première colonie martienne. Car le milliardaire en est convaincu : lorsque la troisième guerre mondiale arrivera, le salut de l'Humanité passera par la conquête de l'espace.

Le fondateur de SpaceX estime qu’au moins 1.000 vols spatiaux, étalés sur une période de vingt ans, seront nécessaires pour envoyer des équipes et acheminer des cargaisons de matériel. Ce laps de temps, fait-il valoir, s'explique par le fait que la distance entre Mars et la Terre varie entre 56 et 400 millions de kilomètres en fonction de leurs positions sur leurs orbites respectives. Or, la fenêtre de départ, qui permet le voyage le plus court, soit environ 7 mois, se situe quand Mars et la Terre sont en opposition, soit à peu près tous les deux ans. 

Coût opérationnel : 1,8 million d'euros par lancement

Pour y parvenir, Elon Musk compte s’appuyer sur Starship, sa fusée gros-porteur. Adossé à son lanceur Super Heavy, Starship sera le gros plus vaisseau spatial jamais construit par l’Homme, détrônant Saturn V, la fusée mythique qui emmena les Américains sur la Lune en juillet 1969. Actuellement en cours de développement, Starship devrait être capable d’emporter, en plus de ses passagers (une centaine !), jusqu'à 150 tonnes de charges utiles. Grâce à son système de lanceur réutilisable, le coût opérationnel de chaque lancement avoisinerait les 1,8 million d’euros, promet (au doigt mouillé ?) le patron de SpaceX. En dépit de ces belles promesses, il n'a communiqué aucun calendrier.

Car, avant de lancer la première mission humaine vers Mars, il faudra néanmoins veiller à la survie de l'équipage. Pas facile d’imaginer une centaine d'hommes et de femmes survivant sept mois dans l’espace à bord d'un vaisseau spatial. Outre le risque de devenir fou, les muscles s’atrophient et le système circulatoire se détériore au cours d’une si longue période en gravité zéro. Puis se posera le problème de leur survie, une fois sur place. A en croire des simulations réalisées par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), les premiers colons ne survivraient pas plus de 68 jours à la surface de la planète rouge, au vu des technologies actuelles. 

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Une maison martienne qui s'imprime en 3D

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Bombarder les pôles avec des charges nucléaires !?!

Mais ce qui est bien, avec Elon Musk, c’est qu’il n’est jamais à court d’idées. Depuis 2015, le milliardaire soutient notamment qu’il faut  bombarder les pôles de la planète rouge avec des charges nucléaires pour libérer le CO2 contenu dans la gangue de glace martienne. L'objectif : générer un effet de serre express – celui-là même que l’Humanité essaye d’enrayer sur Terre – qui serait supposé rendre l’astre habitable en le réchauffant. Une fois "terraformée", pour reprendre la formulation du patron de SpaceX, la planète rouge offrira alors des conditions d'habitabilité permettant aux premiers colons de s'y installer durablement, à le croire.

Sauf qu'en réalité, les choses ne sont pas aussi simples que ce songe d’Elon Musk. L'an dernier, une équipe de scientifiques des universités du Colorado et de Northern Arizona ont confronté ces hypothèses aux capacités techniques actuelles. Leurs recherches, publiées dans la revue Nature, ont montré qu'il était peu probable que le CO2 contenu dans les calottes glaciaires de Mars soit à l'origine de l'effet de serre souhaité. Même s'il y en avait, l'atmosphère de Mars fuyait constamment dans l'espace, de sorte que le gaz disparaissait progressivement. Bref, il y a encore du boulot !

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