68% des vertébrés ont disparu depuis 1970 : quelles sont les prochaines espèces sur la liste ?

Le WWF alerte sur le déclin spectaculaire de la population mondiale de vertébrés sauvages. En France, certaines espèces ont déjà disparu. Notre journaliste Hélène Grégoire donne plus de détails à ce sujet.
Sciences

COULOIR DE LA MORT - En moins de 50 ans, 68% de la faune sauvage a disparu. Le constat, alarmant, a été présenté jeudi 10 septembre par le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui publie tous les deux ans un indice évaluant l'état des populations animales de notre planète. Si rien n'est fait pour les sauver, de nombreuses autres espèces s'apprêtent à venir grossir les rangs de celles déjà éteintes. LCI vous en présente quelques-unes.

La publication d'un nouveau rapport est à chaque fois un coup de massue. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a rendu public ce jeudi l'Indice planète vivante, un outil de référence publié tous les deux ans qui permet d'évaluer l'état de la faune sauvage. Selon ses estimations, 68% de cette faune a disparu entre 1970 et 2016. Une nouvelle accélération en comparaison de l'indice de 2018, qui indiquait une chute de la biodiversité à 60% sur la période 1970-2014.

"Depuis 30 ans nous voyons la chute s'accélérer et ça continue dans la mauvaise direction", résume pour l'AFP Marco Lambertini, directeur mondial du WWF. "Nous assistons à la destruction de la nature par l'humanité. (...) De fait, c'est un écocide". Au total, 882 espèces sont considérées comme éteintes par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui met chaque année à jour la liste des espèces menacées et éteintes. Le dodo ou le tigre de Java en font partie. Mais combien d'autres encore suivront dans les prochaines années ? LCI vous présente quelques-unes des espèces en danger critique d'extinction. Un statut fixé à l'issue d’un vaste processus de concertation et de validation, mené durant plusieurs années par les experts de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN. Le statut de chaque espèce est réévalué régulièrement en prenant en compte les nouvelles informations disponibles à son sujet comme le nombre d'individus, le lancement de programmes de réintroduction ou l'évolution des menaces pendant sur elle.

Le requin marteau halicorne

La plupart des déclins sont observés chez les amphibiens, les reptiles et les poissons d’eau douce. Ainsi, les 3741 populations suivies par l'indice Planète vivante eau douce ont diminué en moyenne de 84% depuis 1970. Parmi les espèces qui risquent de disparaître sous peu, le requin marteau halicorne. Reconnaissable à son crâne aplati et à ses yeux situés aux deux extrémités de sa tête, il peut mesurer jusqu'à 4,3 m et peser plus de 150 kg. L'animal vit dans les mers tropicales du globe et est menacé par la surpêche. Il est ainsi prisé, en Asie, pour ses ailerons. 

L'esturgeon étoilé

L'esturgeon étoilé, poisson vivant en mer Méditerranée, est également classé comme espèce en danger critique d'extinction. Reconnaissable à sa grande taille, à sa tête en forme de bec et à l'absence d'écailles sur son corps, il est victime de la surpêche, du braconnage, mais aussi du commerce lucratif du caviar.

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La tortue imbriquée

La tortue imbriquée est considérée comme étant en danger critique d'extinction depuis 2008. Elle fait partie des huit espèces de tortues marines qui nagent dans les eaux de la planète bleue. Pouvant peser jusqu'à 90 kilos, cette tortue à bec crochu souffre du braconnage, de la disparition des récifs coralliens, du réchauffement climatique ou encore du tourisme qui perturbe sa reproduction.

Le loup rouge

Parmi les mammifères, les dégâts causés par l'espèce humaine se font aussi sentir. Espèce endémique des États-Unis, le loup rouge s'est éteint à l’état sauvage dans les années 1960 après des décennies de chasse perpétuée par les éleveurs de bétail. Plusieurs programmes de réintroduction ont été mis en place, sans grand succès. Celle-ci a d'autant plus été mise à mal par la décision du gouvernement américain, en 2012, d'autoriser l’abattage nocturne des coyotes, considérés comme nuisibles mais physiquement très proches des loups rouges. Selon l'UICN, il n'en resterait actuellement que 20 à 30 spécimens. 

Le vison d'Europe

Plus près de chez nous, le vison d'Europe se trouve aussi être en danger critique. Protégé depuis les années 70, l'animal dont l'allure rappelle celle d'une belette est notamment victime de la destruction de son habitat, les zones humides, au profit de l'urbanisation ou de l'agriculture. Il est aussi la proie du vison d'Amérique, importé pour sa fourrure, et qui se retrouve parfois dans la nature. L'Office français de la biodiversité (OFB), recense moins de 250 individus.

Le pangolin

Le pangolin s'est tristement fait connaître lors de la pandémie de Covid-19. Le petit mammifère est très convoité pour ses écailles, utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise. Il est même considéré comme l'animal le plus trafiqué au monde. Selon l’ONG Traffic, la contrebande a concerné quelque 900 000 pangolins en dix ans. Suite à la pandémie, la Chine a annoncé l’interdiction de la consommation d’animaux sauvages, dont le pangolin, suspecté d’être l’hôte intermédiaire du virus entre la chauve-souris et l’homme. Le petit animal n'est pour autant pas tiré d'affaire, puisque cette interdiction ne concerne que l'alimentation.

En tout, plus de 32.000 espèces sont menacées d’extinction ces prochaines années.

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