Canada : la police espère résoudre un meurtre de 1998, grâce à un portrait-robot … réalisé à partir d’un ADN

Sciences

COLD CASE - Depuis presque 20 ans, la police de Grand Sudbury, au Canada, tente de mettre la main sur le meurtrier de Renee Sweeney, une étudiante de 23 ans, sans succès. Pour relancer l’enquête, elle s’est tournée vers une technologie de pointe qui permet de reconstituer le visage d’un individu grâce à son ADN.

Le sergent David Toffoli, qui travaille sur l’affaire depuis ses débuts, a toujours été persuadé que l’ADN du suspect, retrouvé sous les ongles de la victime, était la clé de cette affaire. Une enquête qui ne s’est jamais arrêtée. Mais si cet ADN a pu faire avancer les recherches (1400 à 1500 personnes ont été lavées de tout soupçon grâce à lui), le criminel court toujours.

Une nouvelle technologie de pointe, mis au point pour la Défense nationale américaine, pourrait pourtant bien permettre aux enquêteurs de mettre un point final à sa fuite. Grâce à l’outil 'Snapshot DNA Phenotyping', l’apparence physique du suspect a pu être modélisée, uniquement à partir de son ADN. Le résultat permet d’avoir un portrait en 3D, bien plus précis que ceux élaborés grâce aux témoins de la scène.

Le meurtre s’est déroulé le 27 janvier 1998, dans la localité canadienne de Grand Sudbury, au nord de Toronto. Un homme entre dans le magasin de films pour adultes où travaillait, en parallèle de ses études, Renee Sweeney. Il la poignarde, avant de s’emparer des 200 dollars du tiroir-caisse. Au total : 30 coups de couteau. Deux personnes entrent quelques minutes après dans l'établissement, mais ne peuvent empêcher l’agresseur de s’enfuir. La jeune femme, elle, meurt avant l’arrivée des secours.

Sur la scène du crime, les forces de l’ordre retrouvent des gants, une veste ainsi qu’une empreinte digitale et une trace de soulier. Les témoins, eux, décrivent un jeune homme blanc, d’une vingtaine d’années.

Le nouveau portrait-robot confirme les témoignages de l'époque

Des informations corroborées 20 ans plus tard par ce portrait réalisé grâce au phénotypage. L’ADN révèle que l’homme est effectivement blanc, d’origine nord-européenne. Ses cheveux sont blond-châtain et ses yeux bleu-vert. L’entreprise chargée de l’analyse, Parabon NanoLabs, souligne tout de même que cette technologie a ses limites, comme l’explique la directrice du département de bioinformatique à nos confrères de Motherboard. "Les portraits sont composites et ne sont pas censés représenter l'apparence exacte d'un sujet. Ils ne prennent pas en compte l’influence de l’environnement et des événements sur l’aspect de l’individu, comme son âge, son poids, ses cicatrices, sa consommation de tabac et stupéfiants, son exposition au soleil, ses tatouages, sa coiffure, ses poils faciaux, etc.".

Mais David Toffoli y croit dur comme fer : "Ce visage correspond à la réalité, la science l’a prouvé". Il espère que la diffusion de ce portrait permettra d’obtenir de nouveaux témoignages.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter