Carmen, Eleanor, Bruno, Ana… qui décide du nom des tempêtes ?

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EXPLICATION – Après Carmen il y a quelques jours, c'est au tour d'Eleanor de souffler en rafales sur le pays. Avant elles, ce sont les tempêtes Ana ou Bruno qui avaient touché la France. Et si ces événements climatiques ont les noms de vos amis ou voisins, ce n’est pas juste pour faire plaisir à ceux qui les nomment. Que ce soit aux Etats-Unis, au Brésil ou en Europe, attribuer un nom à une tempête ou possible futur ouragan se fait selon des règles strictes. On vous explique.

Carmen ou Eleanor ces derniers jours en France, plus dramatique, Harvey ou Irma il y a quelques mois de l’autre côté de l’Atlantique. Chaque année, tempêtes et ouragans s’enchaînent aux quatre coins du monde et chacun possède son nom, plus ou moins mémorable selon les évènements. Et ils ne sont pas choisis pour autant au hasard. Tout suit un ordre bien organisé, par ordre alphabétique. Cependant, la liste n’est pas la même pour tous les pays.


Les noms des tempêtes sont donnés selon une liste précise, établie par le National Hurricane Center de Miami (Floride) en 1953. 


Pour les tempêtes naissant dans l’Atlantique, six listes sont établies et utilisées année après année. Elles contiennent chacune 21 prénoms par ordre alphabétique qui seront attribués à chaque phénomène. La liste de 2017 sera ainsi réutilisée en 2023. Au cas où une année connaîtrait plus de 21 phénomènes, car cela concerne même les moins violents, on attribue ensuite comme nom une lettre de l’alphabet grec (Alpha, Beta, Gamma, etc.).

Si un prénom est associé à une tempête trop meurtrière ou coûteuse, il est ôté de la liste. Ainsi, le nom de Katrina, qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans en 2005, ne sera plus donné, tout comme Wilma ou Hugo. Pour Harvey, qui a frappé le Texas en août, la décision doit être prise lors d’une réunion de l’Organisation météorologique mondiale.


La zone Pacifique Nord-Est dispose de listes propres qui suivent les mêmes critères et sont recyclées tous les six ans. En revanche, le Pacifique Centre Nord dispose de quatre listes compilant des noms attribués les uns après les autres sans année particulière.

En Europe, il suffit de payer !

Si pour l’Amérique du Nord et du Sud, tout est centralisé et fixé. En Europe, le fonctionnement est tout autre. Jusqu’en 1954, les jours de la semaine influençaient les prénoms donnés. Puis une étudiante de l’Université de Berlin eut l’idée de nommer plus précisément les dépressions touchant le continent afin d’unifier le tout et rendre les cartes météo plus lisibles, faciles à suivre. Les noms seront choisis par ordre alphabétique d’apparition des tempêtes (A, B, C, D…), quelle que soit l’importance de la dépression.

Depuis 2002, ces appellations sont ouvertes au public auprès de l'Institut de météorologie de l'Université de Berlin. Moyennant un peu plus de 150 euros pour une dépression, 350 pour un anticyclone, quiconque le souhaite peut acheter le droit de donner son prénom à une perturbation. Une opération, baptisée "Adopt a Vortex", qui connaît un franc succès, comme en témoigne la liste longue de l’année 2017, tout comme celle de 2018 déjà bien complétée de 2018. En moyenne, 150 noms sont donnés aux dépressions européennes chaque année, qu’elles soient de faible ampleur ou parviennent à faire la une de la presse. Toutes ne seront pas aussi "célèbres" que Lothar (26 décembre 1999), Xynthia (28 février 2010) ou Klaus (janvier 2009).


Les tempêtes Leiv et Marcel qui ont frappé la France début février avaient en fait les prénoms des personnes les ayant déposés (Leiv Tholander et Marcel Ziefle). Pierre  qui avait suivi, mais sans ampleur, avait été choisi par un professeur agrégé de géographie et responsable d’un Master sur le climat et l’environnement. Cependant, les noms que nous connaissons ne sont pas utilisés par tous les pays. Les Français reprennent les noms choisis par les Allemands. Les Britanniques, quant à eux, optent généralement pour d’autres patronymes pour une même tempête.

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