Cette momie a 3.000 ans, mais vous pouvez désormais écouter sa voix !

Des chercheurs britanniques ont reproduit la voix d’une momie vieille de 3.000 ans. Une prouesse rendue possible par la
Sciences

HISTOIRE - Trois mille ans après son décès, des scientifiques ont réalisé le vœu d'un ancien prêtre égyptien qui souhaitait "être entendu après sa mort". La technique imaginée par ces chercheurs pourrait constituer une nouvelle méthode pour ressusciter les souvenirs du passé.

C’est une voix sortie d’outre-tombe, en provenance de l’au-delà, qui a traversé les âges avant d’être ramenée à la vie grâce à des technologies de pointe. L’histoire d’une réincarnation pas comme les autres que l’on doit à trois chercheurs britanniques des universités de Londres et de York, Daniel Howard, John Schofield et Joann Fletcher, dont les travaux ont été publiés jeudi 23 janvier dans la prestigieuse revue Nature.

Dans un article de la BBC, l'équipe de scientifiques raconte comment elle est parvenue à reproduire l’appareil vocal d’une momie vieille de 3.000 ans. La voix de Nesyamum, un prêtre égyptien qui aurait vécu à Thèbes sous le règne du pharaon Ramsès XI, entre 1.099 et 1.069 avant Jésus-Christ, ne s'était plus fait entendre depuis des millénaires. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une syllabe. Mais elle ouvre des perspectives incroyables aux archéologues et historiens.  

C’était écrit dans son cercueil, c’est ce qu’il voulait. D’une certaine façon, nous sommes parvenus à réaliser sa dernière volonté.- Joann Fletcher, professeur d’archéologie à l’Université de York.

Pour l’anecdote, cette expérience exauce le dernier vœu du prêtre. Nesyamun aurait voulu être entendu après la mort, explique à la BBC Joann Fletcher, professeur d’archéologie à l’Université de York. "C’était écrit dans son cercueil, c’est ce qu’il voulait. D’une certaine façon, nous sommes parvenus à réaliser sa dernière volonté", s'amuse-t-il.

Pour réaliser cette prouesse, les scientifiques ont tout d’abord scanné la dépouille, particulièrement bien conservée, pour obtenir les dimensions précises du larynx et la gorge de Nesyamum. A partir de cette modélisation, ils ont pu créer un moulage qui reprend les dimensions exactes de son appareil vocal grâce à la technologie d’impression 3D. Le tractus vocal et le larynx artificiel ont servi ensuite à synthétiser un son : une voyelle, plus précisément, censée correspondre à la voix de Nesyamum.

Ce n’est qu’une première étape, expliquent les chercheurs, qui espèrent pouvoir générer des mots et des phrases complètes grâce à des modèles informatiques. La technique imaginée par les scientifiques pourrait constituer une nouvelle méthode pour "ressusciter les souvenirs d'un passé lointain", souligne le Huffington Post. Jusqu'ici, les techniques permettaient uniquement de reproduire des voix éteintes en se basant sur des enregistrements. Les voix des personnes mortes il y a plus de 100 ans étaient donc inaccessibles. Avec cette prouesse, ce n'est plus le cas.

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