De la difficulté de soigner un astronaute à bord de la Station spatiale internationale ?

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ESPACE -Le spationaute français Thomas Pesquet, et ses deux compagnons américain et russe, ont entamé leur premier jour de quarantaine. Le but ? S'assurer qu'ils ne contaminent pas le laboratoire spatial avec des microbes. Cependant, personne n'étant à l'abri d'un pépin médical, comment fait-on alors pour soigner un astronaute à bord de l'ISS ?

J-14 avant le décollage. Le compte à rebours a commencé. Jeudi 17 novembre, le spationaute français Thomas Pesquet s'envolera avec une capsule Soyouz, depuis Baïkonour au Khazakhstan, en direction de la Station spatiale internationale (ISS) où il passera six mois, soit 180 jours. Il sera le dixième Français à voyager dans l’espace. Depuis ce mardi 1er novembre, l'astronaute français,  accompagné du Russe Oleg Novitsky et de l’Américaine Peggy Whitson, est entré en quarantaine. Le but ? Eviter qu’ils ne partent malades dans l’espace et contaminent la Station spatiale. Les trois spationautes resteront à l’isolement, sans contact avec l’extérieur, à l’exception d'un médecin qui restera à leurs côtés jusqu'au jour du départ


Même leurs proches ne pourront leur parler qu’au travers une glace. Avant cette dernière ligne droite, Thomas Pesquet a pu dire au revoir à sa compagne en dînant à la table Normandie du restaurant de la Cité des étoiles, situé au nord-est de Moscou (Russie). Le temps avant le jour J du décollage risque de sembler long à nos trois héros de l’espace. L'astronaute français Thomas Pesquet s'y prépare depuis trois ans. Pour s’assurer qu’il possède une santé de fer, comme tous les voyageurs de l'espase, lui et tous les membres de sa famille ont été soumis à une batterie d'examens très scrupuleux tout au long de ces derniers mois. Cependant, même si ce n'est encore jamais arrivé, personne n’est à l’abri d’un grave accident.

Pour limiter les risques, tous les astronautes qui partent dans l'espace suivent une formation médicale assez poussées. Le socle de connaissances acquises suffit pour traiter les problèmes de santé les plus répandus. Parmi l’équipage, au moins un cosmonaute est capable de prêter une aide d'urgence comme, par exemple, suturer des petites plaies, faire des piqûres ou arracher une dent. En outre, l'ISS est équipée de petites trousses à pharmacie, contenant des médicaments et du sérum physiologique pour nettoyer d'éventuelles blessures. De plus, des appareils médicaux  sont présents à bord, comme un dispositif portatif pour réaliser une échographie, un défibrillateur et aussi un appareil qui permet d'analyser la santé des yeux.

Au cas où, un manuel recensant les maladies les plus fréquentes, un "Vidal" en quelque sorte, est à disposition de l'équipage de l'ISS. Cepedn, les interventions chirurgicales complexes sont strictement interdites. Et pour cause ; étant donné que le corps humain est composé de 70% d'eau, le sang pourrait alors se disperser à l'intérieur du vaisseau au cours de l'opération et contaminer les résidents de la Station spatiale. En cas de situation d’urgence, une procédure a été prévue pour évacuer le spationaute malade dans les plus brefs délais. Pour cela, le vaisseau spatial russe Soyouz amarré à l'ISS est en mesure de ramener le malade sur Terre en moins de 4 heures. Mais ce n’est jamais arrivé jusqu’à présent.

Dans le but de mieux gérer les éventuels accidents, la NASA forme, depuis maintenant deux ans, un robot humanoïde à officier comme médecin à bord de la station spatiale. Baptisé Robonaut 2, il a pour mission de faciliter la tâche des astronautes. Grâce au téléguidage (autrement dit, en étant piloté à distance), ce robot est en mesure d’effectuer plusieurs actes médicaux dans l’espace. Il peut notamment tenir une seringue et effectuer une injection sur une partie précise du corps. L'opération est rendue possible par une série de capteurs sensoriels et de caméras. Concrètement, un médecin le contrôle depuis la Terre et effectue l'acte médical grâce à la dextérité de Robonaut 2.

Une fois à bord de l’ISS, l’astronaute français n’aura pas le temps de chômer. Plus de 200 expériences sont prévues pendant dans le cadre de la mission "Proxima". Parmi elles : l’astronaute devra porter un vêtement qui devra lui permettre de garder la même taille. Car certaines expériences ont prouvé que sans pesanteur le corps peut grandir de quelques centimètres. Ces vêtements seront équipés de capteurs qui transmettent vers la Terre différentes informations médicales. Il devra également tester un système d’échographie à distance, piloté par un médecin depuis la Terre.

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Voyage dans l’espace : derniers préparatifs pour Thomas Pesquet

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