Comment un astéroïde a-t-il pu échapper aux radars avant de frôler la Terre ?

Sciences
FRISSONS - La rencontre aurait pu être explosive. Débarqué à l’improviste, un astéroïde de la taille d’un immeuble de 50 mètres de haut a donné quelques sueurs froides aux astronomes, en cette fin de mois de juillet.

Personne ne l’avait vu pointer le bout de son nez. Pas même les astronomes de la Nasa. La semaine dernière, un gigantesque rocher spatial, semblant sortir de nulle part, a débarqué à l'improviste. Par chance, le gros caillou a manqué sa cible. Mais il s’en est fallu de peu. En effet, sa course l’a conduit à passer à une distance de 73.000 kilomètres de nous, a indiqué jeudi 25 juillet l'agence spatiale américaine. Pour s'en faire une idée, cela représente moins d’un cinquième de la distance qui sépare la Terre et la Lune. Autant dire que ce visiteur venu de l'espace a frôlé notre planète ! 


En cas de collision avec la Terre, ce superbolide, d’une taille comprise entre 57 et 130 mètres de large d'après les estimations la Nasa, aurait pu dévaster une ville entière. Plus inquiétant encore, ce gros caillou a été détecté moins d’une semaine avant son passage à proximité de notre planète par deux équipes d’astronomes, l’une au Brésil et l’autre aux Etats-Unis. Sa taille, tout comme sa trajectoire exacte, demeuraient inconnues quelques heures avant son passage au plus près de notre planète. De quoi s'interroger sur la capacité des astronomes à anticiper ces événements.

A ce jour, les astronomes ont identifié dans notre Système solaire plus de 1.700 astéroïdes d'une taille supérieure à 140 mètres, présentant une distance minimale d'intersection avec l'orbite terrestre de 7,5 millions de kilomètres. Parmi les astéroïdes connus, "aucun ne risque de frapper la Terre dans les 100 ans à venir", assurait l’an dernier la Nasa. Pourtant, moins de 20% de l'ensemble des astéroïdes entrant dans cette catégorie sont connus. 


Conscient du danger, l'agence américaine a annoncé qu'elle serait en mesure de détecter la quasi totalité des météores de moins de 140 mètres de large à l'horizon 2020. "A partir de ce seuil de grandeur, même dans un désert, l’énergie libérée serait telle que l’onde de choc atteindrait inévitablement des zones habitées, comme l'expliquait à LCI l'astrophysicien Patrick Michel, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des astéroïdes à l’Observatoire de la Côte d’Azur.

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EXPLORE – Les astéroïdes, une menace bien réelle au-dessus de nos têtes

Au moment de croiser la route de la Terre, l'astéroïde "2019 OK" filait  à environ 24 kilomètres par seconde. Or, habituellement, les rochers spatiaux de ce type voyagent à une cadence comprise entre 4 et 19 kilomètres par seconde. En plus de sa vitesse supersonique, le rocher spatial suit une orbite qui l’emmène au-delà de Mars, en direction de Vénus, rendant de fait sa détection assez complexe, expliquent les scientifiques.


L'objet en question entre pourtant dans la catégorie des astéroïdes dits "tueurs". De par sa taille, même si ce dernier se serait consumé au moment de son entrée dans l’atmosphère, la plus grande partie aurait malgré tout atteint le sol, causant ainsi d’importants dégâts, voire des blessés. La déflagration aurait été équivalente à 10 mégatonnes de TNT, estime un astronome interrogé par le Washington Post.

La dernière fois qu’un astéroïde d’une taille comparable à frappé la Terre, c’était il y a un siècle.  Connu sous le nom d’événement de Tunguska, il avait provoqué une déflagration en Sibérie, qui a tout rasé jusqu’à 2.000 kilomètres à la ronde. Si ce genre d'événements demeure assez rare, la menace est bien réelle. Le 15 février 2013, un météore de 20 mètres de large avait explosé au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk, libérant une énergie correspondant à l'explosion de 500.000 tonnes de TNT. Des piétons furent projetés à terre par l'onde de choc. Plus d'un millier de personnes ont été blessées par les éclats des vitres des bâtiments qui avaient été soufflées. Et la chaleur de l'explosion a été ressentie jusqu'à 60 km à la ronde. 

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