COP 21 - Ils ont des doutes sur le réchauffement climatique : qui sont les climatosceptiques ?

COP 21 - Ils ont des doutes sur le réchauffement climatique : qui sont les climatosceptiques ?

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Apparu aux Etats-Unis dans les années 80, le mouvement climatosceptique n'est plus représenté aujourd'hui dans les différents gouvernements occidentaux. Mais ses partisans agissent dans la société civile, les médias, les parlements et font des adeptes parmi les citoyens du monde entier. Qui sont-ils ?

Climatosceptiques. Le mot a fait son apparition dans le Petit Robert 2016 avec la définition suivante : "Personne qui met en doute les théories les plus répandues concernant le réchauffement climatique". C'est-à-dire la réalité du changement climatique en cours et/ou son origine anthropique.  

En France, le plus connu des climatosceptiques est sûrement le géochimiste et ancien ministre de l'Education nationale Claude Allègre. Il aime affirmer que la cause du réchauffement climatique est inconnue et s'en prend régulièrement au GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui fait autorité dans le domaine du réchauffement climatique. A ses côtés, le géophysicien Vincent Courtillot, membre de l'Académie des sciences françaises, et l'économiste Rémy Prud'homme, auteur de L'idéologie du réchauffement, relayent également les thèses climatosceptiques. 

Le très médiatique Philippe Verdier, nouveau "porte-parole" des climatosceptiques

Mais dernièrement, c'est l'ex-monsieur météo de France 2 Philippe Verdier qui a mis en avant cette "communauté". Il défend notamment "les très nombreuses conséquences heureuses et positives" du réchauffement climatique dans son livre Climat Investigation et pointe du doigt les "incertitudes des scientifiques" sur ses causes. 

La caractéristique de tous ces scientifiques est qu'aucun d'entre eux n'est climatologue. Or, ces dernières années, tous les spécialistes du climat s'accordent sur la réalité du réchauffement de notre planète et la responsabilité humaine dans cette évolution. Les voix discordantes sont le fait de scientifiques ou spécialistes d'autres disciplines.   

Le web, principale force de frappe des climatosceptiques

En France, les climatosceptiques s'estiment exclus des médias, qui selon eux ne leur donnent pas assez la parole. Ils s'expriment alors sur des blogs et des sites internet, où ils déversent leurs messages. Ils possèdent également leurs propres sites, sur lesquels ils exposent leurs thèses, comme Pensée unique. Organe de référence sur le web, sa bannière indique qu'"en matière de sciences, le scepticisme est un devoir". A l'aide de graphiques ou de citations sorties de leur contexte, les climatosceptiques y démontrent, que contrairement à ce qu'affirment les climatologues, les événements climatiques ne deviennent pas plus extrêmes ou que tout va bien au Groenland ou dans l'Arctique. Bien sûr, ils ne manquent jamais une occasion de s'attaquer au Giec. 

En septembre un nouveau "mouvement" est né : celui des climato-réalistes. Ils mettent en avant sur leur site "leur préoccupation devant la propagande actuelle qui impose une véritable panique, une peur irrationnelle". Ils expliquent que la Terre a toujours connu des ères chaudes puis froides, qu'il faut tenir compte de l'activité solaire et qu'il est inutile de réduire les gaz à effet de serre mais urgent de permettre aux pays pauvres d'accéder à l'énergie fossile. 380 personnes ont rejoint cette coalition : des scientifiques, des défenseurs du libéralisme économique ou l'Amicale des Foreurs, favorable à l'exploitation des gaz de schiste en France. Et Philippe Verdier les soutient.  

Les Etats-Unis, royaume des climatosceptiques

C'est aux Etats-Unis que les climatosceptiques ont sûrement le plus de poids. Ils y sont beaucoup moins discrets et s'affirment même sur la scène politique. Dans le pays, la part des personnes qui ne croient pas au réchauffement climatique est passée de 11% en 2009 à 25% en 2014, et 23% considèrent qu'il n'est pas la conséquence de l'activité humaine mais de processus naturels. A titre de comparaison, selon un sondage publié en février 2015, les Français ne sont plus que 20% à faire part de leur climatoscepticisme, contre 35% en 2013. 

 C'est dans les rangs républicains que les climatosceptiques sont les plus nombreux. En 2014, un sondage réalisé par le Pew Research Center avait révélé que 80% des sondés s'affichant comme démocrates reconnaissaient l'origine anthropique du changement climatique actuel, contre seulement 10% des républicains. Et selon le cercle de réflexion Center for American Progress, 53% des élus républicains à la Chambre des représentants et 70% de ceux siégeant au Sénat sont climatosceptiques et le font savoir. 

"Je ne crois pas au changement climatique" Donald Trump

En février dernier, le sénateur américain de l'Oklahoma James Inhofe était ainsi venu au Sénat avec une boule de neige dans un sac plastique, une boule de neige qui réfutait selon lui le réchauffement de la planète. Et l'un des candidats les plus médiatiques à la primaire républicaine, Donald Trump, est d'ailleurs le premier à afficher son scepticisme. "Je ne crois pas au changement climatique", ose clamer celui qui pense que  "le concept de réchauffement climatique a été inventé par et pour les Chinois dans le but de nuire à la compétitivité des entreprises américaines". 

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