COP 21 : les 10 monuments ou sites naturels à voir avant qu'ils ne disparaissent

COP 21 : les 10 monuments ou sites naturels à voir avant qu'ils ne disparaissent

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Montée des eaux, hausse des températures... : de nombreux monuments et sites naturels sont menacés à plus ou moins long terme. MYTF1News en a sélectionné dix qui pourraient disparaître dans les prochaines années si rien n'est fait contre le réchauffement climatique.

• Pavlopetri (Grèce) 

Il s'agit de la plus vieille cité submergée du monde. Datant de l'Age du Bronze, elle est située au sud du Péloponnèse, sur la cote ionienne. Enfouie à quatre mètres de profondeur, elle a été découverte en 1967 et plusieurs bâtiments, routes, tombeaux très bien conservés ont été répertoriés. Mais le World Monuments Fund l'a classé parmi les monuments en péril en 2016. Selon l'organisation qui publie tous les deux ans une liste de bâtiments et chefs d'œuvre de l'architecture en danger, Pavlopetri est menacée par la pollution causée par la circulation maritime et les navires qui jettent l'ancre dans la baie de Vatika. Ils y laissent leurs déchets, y déversent leurs eaux usées ou polluée. De plus, le site n'est pas protégé et peut être visité par tous. La construction d'un gazoduc entre la Crète et le Péloponnèse pourrait également le mettre en péril. 

• Le Grand Bouddha de Leshan (Chine)

Cette statue monumentale de Bouddha a été taillée dans la falaise du mont Lingyun, sur la rive est de la rivière Min, au Sichuan, au VIIIe ou IXe siècle de notre ère. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1996. Mais il souffre de la pollution qui s'est accrue avec le développement économique de la région, et des pluies acides. Avec des conséquences visibles notamment sur son visage, qui noircit ou se recouvre de mousse au fil des années. Les autorités chinoises ont déjà pris des décisions pour le protéger, notamment en fermant ou délocalisant les usines des alentours pour réduire la pollution. 

• Venise (Italie)

L'attrait de Venise repose aussi sur ce qui pourrait causer sa perte : elle est construite sur l'eau. Or, la montée des eaux, inévitable si le réchauffement climatique s'accélère, conduirait à la disparition de la cité italienne, fondée au Ve siècle. "D'après les scenarii de changement climatique modéré, l'affaissement net de Venise pourrait atteindre 54 cm d'ici  2100. Par conséquent, si rien n'est fait, Venise pourrait être inondée quotidiennement" écrit le Centre du patrimoine mondial de l'Unesco dans un rapport sur le changement climatique et le patrimoine mondial publié en 2009.

• Parc national du Kilimandjaro (Tanzanie)

Culminant à 5 895 mètres d'altitude, le mont Kilimandjaro est la plus haute montagne d'Afrique. Les glaciers du mont existent depuis au moins 10.000 ans. "Mais suite à l'effet combiné du changement climatique et de la modification des pratiques locales (dont les changements de l'occupation des sols), ils ont perdu 80% de leur surface au cours du XXe siècle" écrit l'Unesco. Ajoutant que "si les tendances actuelles ne sont pas infléchies, en perdant près de 50 cm d'épaisseur chaque année, le champ de glace du Kilimandjaro pourrait bien disparaître en moins de 15 ans." 

• La Grande Barrière de corail (Australie)

Site marin d'une beauté remarquable au large de la côte nord-est de l'Australie, il s'agit du plus grand écosystème corallien au monde, couvrant une surface de 344.400 km2, abritant 2 900 récifs individuels de 400 espèces de coraux et 1 500 espèces de poissons et mollusques. "Mais le site est très sensible aux menaces liées au changement des paramètres climatiques suivants : augmentation du niveau de la mer, réchauffement, fréquence et intensité des tempêtes, régimes des précipitations, sécheresse, ruissellement terrestre, circulation océanique et acidité" explique l'Unesco. Cela a bien sûr des conséquences sur le développement des coraux, et entraîne un blanchissement généralisé, qui se produit lorsque la température de surface de la mer dépasse la moyenne saisonnière de 1,5 à 2°C. "La mortalité s'ensuit si l'anomalie de température excède 3°C pendant plusieurs mois" note l'Unesco. A l'échelle globale, 58% des récifs coralliens sont considérés comme exposés à des risques naturels exceptionnels (tempêtes et cyclones) et à des activités humaines telles que le développement industriel, la pollution, le tourisme, l'urbanisation, le ruissellement des engrais, les eaux usées, la sédimentation, la surpêche, la cueillette du corail, la chasse et les maladies.

• Parc national de Komodo (Indonésie)

Le parc national, qui doit sa célébrité au fait qu'il est le dernier habitat du plus grand lézard du monde, le dragon du Komodo, a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1991. Le changement climatique menace plusieurs éléments de ce site. L'augmentation des concentrations de CO2 dissous et de la température de la mer menace les récifs coralliens. L'élévation du niveau de la mer pourrait toucher les plages sur lesquelles les tortues nidifient et les changements de température atmosphérique pourraient affecter l'éclosion des œufs. La température d'incubation déterminant le sexe de la couvée, des températures plus élevées modifieraient le ratio vers une prédominance de femelles. 

• Tombouctou (Mali)

Tombouctou était une capitale intellectuelle et spirituelle, et un centre de propagation de l'islam à travers l'Afrique du XVe et du XVIe siècle. Les trois grandes mosquées de Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia, inscrites en 1988 sur la Liste du patrimoine mondial, sont aujourd'hui menacées par la désertification (dégradation des zones arides, semi-arides et sèches subhumides résultant de divers facteurs dont la variabilité climatique et les activités humaines). La désertification exerce une pression importante sur les mosquées de Tombouctou, menacées d'ensablement. 

• La Nouvelle-Orléans (Etats-Unis)

Selon une étude publiée au début du mois d'octobre 2015, quelles que soient les mesures mises en place pour lutter contre le réchauffement climatique, La Nouvelle-Orléans (tout comme Miami), sera engloutie par la montée des océans. Célèbre pour sa musique et sa gastronomie, la capitale de la Louisiane s'enfonce déjà. 

• Chan Chan (Pérou)

Capitale de l'ancien royaume chimu, Chan Chan est la plus grande et la plus importante ville préhispanique construite en terre d'Amérique. Cet ensemble fragile fut inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril l'année même où il était inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, en 1986. Ses structures en terre sont particulièrement vulnérables et rapidement endommagées par l'érosion naturelle quand elles sont exposées à l'air. Le phénomène climatique El Niño entraîne souvent des variations de précipitations et de températures dans la région qui ont des impacts sur le site. "Les précipitations intenses endommagent la base des structures architecturales en terre". Des végétaux se développent également sur les structures. 

• Forêt des Cèdres de Dieu (Liban)

Dépeint dans les anciens traités de botanique comme le plus vieil arbre du monde, le cèdre est l'emblème du Liban. A cause de sa chair dure et de son odeur appréciée, il était utilisé pour construire les temples, les palais, et les bateaux des populations locales. Mais ces arbres sont en danger à cause du réchauffement climatique et des activités humaines. Une tendance à l'assèchement de la région menace la conservation de la forêt. A l'avenir, la zone humide qui existe au Liban se réduira d'environ 18% tandis que la zone aride s'étendra. "Ces changements induiront un déplacement des espèces végétales auquel certaines espèces ne survivront pas" explique l'Unesco. 

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