Coronavirus : la Terre tremble moins avec le confinement

Dès qu’un objet céleste croise la route de l’orbite terrestre à une distance inférieure à 7,5 millions de kilomètres, il est classé comme potentiellement dangereux.
Sciences

SCIENCE - Sous l’effet du ralentissement des activités humaines, la croûte terrestre vibre moins. A Bruxelles, comme à Paris ou Los Angeles, des sismologues ont effectué des mesures montrant que ce phénomène coïncide avec le moment précis où les mesures de confinement ont commencé à prendre effet.

Alors que plus de la moitié de l’Humanité est cloîtrée chez elle, notre planète, profitant de cette accalmie, s’offre une petite cure de relaxation. Dans les grandes villes, l'air devient plus respirable et le chant des oiseaux remplace désormais le vacarme habituel des marteaux-piqueurs. Sous nos pieds, l'arrêt des activités humaines a réduit considérablement ce qu'on appelle le bruit sismique. 

Ce bourdonnement est généré habituellement par le mouvement continu des voitures, bus et métros, qui provoque des vibrations, l'activité industrielle ou tout simplement par les piétons qui arpentent le bitume lorsqu'ils s'adonnent à leurs occupations quotidiennes. Un phénomène que les scientifiques ont pu observer à différents points du globe et qui coïncide à chaque fois avec l'entrée en vigueur des mesures de confinement.

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Coronavirus : le monde entier à l’arrêt

Une réduction du bruit de cette ampleur n'est généralement ressentie que brièvement autour de Noël.- Thomas Lecocq, sismologue à l'Observatoire royal de Belgique à Bruxelles.

"Une réduction du bruit de cette ampleur n'est généralement ressentie que brièvement autour de Noël", explique Thomas Lecocq, sismologue à l'Observatoire royal de Belgique à Bruxelles. Les données enregistrées par le sismomètre de  l'observatoire ont ainsi révélé que les mesures visant à freiner la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19) dans la capitale belge ont provoqué une baisse d'environ un tiers du bruit sismique d'origine humaine", détaille le scientifique.

À Paris, le sismologue Claudio Satriano a fait le même constat en effectuant des mesures depuis la station sismique Marie Curie, située près de l'Institut de physique du globe de Paris. Les relevés montrent, là aussi, une réduction significative du bruit sismique à partir du 17 mars à 11h, au moment précis où le confinement a commencé à prendre effet. C'est également le cas à Los Angeles, où l'Institut de technologie de Pasadena a enregistré un phénomène similaire.

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Cette période d’accalmie, liée aux mesures de confinement et à l'arrêt partiel des activités industrielles, devrait ainsi permettre aux sismologues de détecter des séismes de faible magnitude que les stations sismiques n'auraient pas été en mesure d'enregistrer en temps normal. "Il y a de fortes chances que cela puisse conduire à de meilleures mesures", explique Thomas Lecocq, dont les observations ont été relayés par la revue Science. De quoi améliorer "la détection des emplacements des répliques sismiques", ajoute-t-il.

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