Crash de la station spatiale Tiangong-1 : faut-il avoir peur des débris de l’espace ?

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CRASH - Envoyée en orbite en 2011, la station spatiale chinoise Tiangong-1 a fait son retour sur Terre sans encombre dans la nuit de dimanche à lundi. Doit-on s’attendre à voir un jour des débris spatiaux nous tomber dessus ? Les réponses d’un expert du Centre national d’études spatiales (Cnes).

Le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. Avant que la première station spatiale chinoise de l’Histoire ne rentre dans l'atmosphère, les interrogations se multipliaient sur ce retour sur Terre. Où allait-elle s’écraser ? La Chine maîtrisait-elle la situation ? Devait-on s’alarmer ? Autant de questions qui avaient émergé après qu’une communication un brin hasardeuse des autorités de l’Empire du Milieu avait suggéré, fin 2016, qu’elles avaient perdu le contrôle du module.  


La station spatiale chinoise Tiangong-1 a finalement été globalement détruite lors de sa rentrée dans l'atmosphère lundi vers 0h15 GMT au-dessus de la partie centrale du Pacifique sud. De quoi donner raison à Christophe Bonnal, spécialiste des débris spatiaux au Cnes (Centre national d’études spatiales), qui assurait à LCI avant le crash que "la probabilité d’avoir un problème ou d’éventuelles victimes" était "extrêmement faible", et que la mort Tiangong-1 ne présentait aucune raison de s’inquiéter. 

Une centaine d’objets plus gros en orbite

"Il y a un buzz énorme parce qu’on parle de 'station chinoise’ et que le mot 'station' nous fait tout de suite penser à l’ISS (la station spatiale internationale, ndlr) ; 400 tonnes, 100 m sur 100 m. Mais là, ce n’est pas du tout ça", soulignait Christophe Bonnal. "Avec 8,5 tonnes, il serait faux de dire que Tiangong-1 est petite, mais il doit bien y avoir une centaine d’objets au-dessus de nos têtes qui sont plus gros que ça", poursuivait-il. 


"Dans la liste des objets dangereux, Tiangong-1 se place autour de la 60e ou de la 70e place", faisait encore valoir l’expert de la pollution spatiale pour signifier la faiblesse que représentait la menace. 

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Il y a eu 25.000 rentrées atmosphériques d’objets catalogués et il n’y a jamais eu d’accident majeur ni de victimeChristophe Bonnal, expert à la Direction des lanceurs du Cnes

"La station va fondre, mais partiellement. Entre 10 à 20% de la masse survivra et impactera la surface du globe, qui, il faut le rappeler, est composée à 70% d’eau. La probabilité de faire une victime est vraiment excessivement faible", ajoutait Christophe Bonnal, rappelant qu’un objet pouvant être considéré comme "important" tombe de l’espace chaque semaine. "Il y a eu 25.000 rentrées atmosphériques d’objets catalogués et il n’y a jamais eu d’accident majeur ni de victime", poursuivait le spécialiste. 


Hormis de rares dégâts matériels, une seule personne aurait, à ce jour, été heurtée par un fragment venu du ciel. "Aux Etats-Unis, une dame a reçu un débris sur l’épaule, mais il était tellement léger qu’il s’est posé sur son épaule comme une feuille morte." L’événement, qui a eu lieu à Tulsa (Oklahoma) en 1997, fait toujours de Lottie Williams la seule personne au monde à pouvoir raconter pareille expérience.

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