DATAS - Pays, âge moyen, sexe... : qui sont les lauréats du prix Nobel de médecine depuis 1901 ?

Sciences

DÉCRYPTAGE - Deux Américains et un Britannique ont reçu ce lundi 7 octobre le prix Nobel de physiologie ou médecine. LCI vous livre quelques données intéressantes pour vous faire une idée du profil-type des scientifiques qui ont obtenu cette distinction depuis sa création en 1901.

La grand-messe des Nobel se tient cette année du 7 au 14 octobre. Le prix Nobel est une distinction qui récompense des "personnes ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité" à travers leurs découvertes scientifiques, leur engagement ou encore leur talent littéraire. 

Les lauréats 2019 dans la catégorie "physiologie et médecine" sont deux Américains -William Kaelin et Gregg Semenza- et un Britannique - Sir Peter Ratcliffe- pour leurs recherches sur l'adaptation des cellules à l'apport variable d'oxygène. Cela porte au total le nombre de lauréats à 219 dans cette catégorie. En s'appuyant sur la gigantesque quantité de données disponibles sur le site internet de l'Académie des Nobel, LCI a dressé un portrait-robot dont voici un petit aperçu.

Pour commencer, intéressons-nous à la nationalité des lauréats. Comme le montre le graphique ci-dessus, les Etats-Unis caracolent en tête des pays possédant le plus grand nombre de Nobel en physiologie ou médecine. Il a fallu pourtant attendre 1933 et le dénommé Thomas Hunt Morgan pour "ses découvertes concernant le rôle joué par les chromosomes dans l'hérédité" pour qu'un Américain soit enfin primé. La décennie 1950 est de très loin la prolifique pour la recherche américaine dans ce domaine :  pas moins de onze scientifiques de nationalité américaine ont ainsi été récompensés pour leurs travaux.

Sur la deuxième marche du podium, très (très) loin derrière les Etats-Unis (107 lauréats), vient le Royaume-Uni (35), suivi de l'Allemagne (25). La France, avec 13 récipiendaires, occupe la quatrième place. Dans ce domaine de recherche, le premier Nobel tricolore se nomme Charles Louis Alphonse Laveran. Ce parasitologiste français, pionnier de la médecine tropicale, a été récompensé en 1907, non seulement pour sa découverte du parasite responsable du paludisme, l’hématozoaire plasmodium, mais également pour l’ensemble de ses travaux dans le domaine de la parasitologie.

*Il n'existe pas de classement officiel des prix Nobel par pays, comme nous l'a indiqué l'Académie des Nobel, puisqu'"il est difficile d'établir un palmarès du fait qu'il faudrait à la fois tenir compte du lieu de naissance, de la citoyenneté du lauréat, ainsi que de l'institution scientifique dans laquelle il effectuait ses recherches". Pour établir ce classement, nous avons pris le parti de comptabiliser un lauréat dans son pays d'origine et dans celui pour lequel il a effectué ses travaux.

Autre constat qui saute aux yeux en scrutant la liste des lauréats, la sous-représentation des femmes. Au sein de cette catégorie comme dans les autres, d'ailleurs ! Elles ne sont en effet que 11, face à un contingent de 207 hommes ! Il faut attendre 1977 pour voir l'une d'elles décrocher enfin le Nobel dans cette catégorie "physiologie ou médecine". La physicienne américaine Rosalyn Yalow fut colauréate du prix, avec les endocrinologues français et polonais, Roger Guillemin et Andrzej Wiktor Schally, "pour la mise au point du principe des dosages par radio-immunologie", une technique qui permet de mesurer des quantités infimes de substances biologiquement actives.

La grande majorité des Nobel sont des hommes. Mais quel âge en moyenne ont-ils au moment où ils reçoivent leur prix ? 59 ans toutes catégories comprises, nous dit l’Académie royale des sciences de Suède sur son site internet. Rien de bien surprenant. D'autant plus que cette distinction vient le plus souvent récompenser une carrière plus qu'une découverte. Il est toutefois très variable en fonction des domaines : les physiciens, en particulier, ainsi que les chimistes, puis les médecins, sont plus jeunes, tandis que femmes et hommes de lettres, ainsi les lauréats au prix Nobel de la paix sont généralement plus âgés. 

Le plus jeune lauréat du Nobel de physiologie ou médecine est le Canadien Frederick G. Banting. Il était âgé de 32 ans lorsqu'il a reçu en 1923 son prix pour la découverte de l'insuline. Peyton Rous, le doyen pour ce domaine de recherches, était, quant à lui, âgé de 87 ans quand il a décroché son Nobel, pour "avoir réussi à cultiver in vitro le virus du sarcome de Rous".

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Notons enfin, pour l'anecdote, que l’Allemand Gerhard Domagt, lauréat en 1939, avait dû renoncer momentanément à son prix car l'Allemagne nazie refusait ce genre de distinctions. Ce fut aussi le cas de deux autres lauréats du Nobel de Chimie, Richard Kuhn (1938) et Adolf Butenandt (1939). Tous trois ont pu ensuite recevoir leur diplôme et leur médaille, mais pas la dotation qui l’accompagne habituellement. Pour rappel, la récompense s'élève à 9 millions de couronnes suédoises. En 2018, cela représentait environ 900.000 euros. Cette année, 830.000 euros. 

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