De plus en plus d'animaux vivent la nuit afin d'échapper à l’homme, selon une étude

De plus en plus d'animaux vivent la nuit afin d'échapper à l’homme, selon une étude

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SCIENCES - Les chercheurs américains ont observé la modification du rythme de vie des mammifères, qui vivent de plus en plus la nuit pour échapper à l'homme.

Les animaux ont décidé de vivre... la nuit. Selon une étude américaine publiée par Science magazine ce jeudi, les mammifères ont modifié leur rythme de vie. Les chercheurs ont compilé les données GPS de 76 études réalisées auprès de 62 espèces de mammifères. Et il apparaît qu'ils sont actifs de plus en plus tard, comme au temps des dinosaures. La raison ? Les nuisances engendrées par l'activité humaine. Même lorsqu'ils ne sont pas la cible des chasseurs, les animaux sont dérangés dans leur habitat naturel.


"On avait déjà constaté que la chasse ou le braconnage avaient amené les animaux à modifier leurs comportements, détaille Simon Chamaillé-Jammes, chercheur au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive du CNRS à Montpellier, auprès du Figaro. Mais l'étude montre que les mammifères qui vivent à proximité des villes, donc plus éloignés des zones de chasse, sont encore plus touchés !" 

L'explosion de la démographie et l'expansion des zones habitables sont en cause. Perturbés par l'activité humaine, les mammifères bénéficient de moins de temps pour chercher de la nourriture. "La nuit, les animaux sont moins dérangés, ils perdent donc moins de temps, explique, toujours dans les colonnes du Figaro, Simon Chamaillé-Jammes. Mécaniquement, ils se reposent donc pendant la journée. Les causes de ce glissement vers la 'nocturnalité' sont multiples, d'autant que la lumière des villes facilite et accélère le changement de comportement." La pollution lumineuse et la hausse des températures permettent en effet désormais de voir la nuit... presque comme en plein jour. 


"Mais ce changement peut aussi s'avérer très dangereux pour la biodiversité, prévient Simon Chamaillé-Jammes. Il y a une vraie interrogation sur les capacités des individus à survivre à un tel bouleversement sur le long terme. Malheureusement, il n'y a pas encore suffisamment d'études pour apporter des éléments de réponse."

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Les gros mammifères, sur lesquels pèsent plus de risques, sont les plus sensibles et les plus exposés à cette vie nocturne. "Certains animaux, déjà nocturnes, se retrouvent chassés par de nouveaux prédateurs, souligne Simon Chamaillé-Jammes. Ce sont de nouvelles interactions et il est difficile de savoir ce qui en découlera." Et si les conséquences sont nombreuses, cette répartition des modes de vie pourrait toutefois avoir des effets bénéfiques. En effet, selon les chercheurs, elle engendrerait en réalité une meilleure cohabitation entre le mammifère et l'homme.

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