Des scientifiques auraient réussi à inverser le processus de vieillissement de cellules humaines

Des scientifiques auraient réussi à inverser le processus de vieillissement de cellules humaines

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SCIENCE DU FUTUR - Deux scientifiques ont publié les résultats de leur étude sur le processus du vieillissement des cellules humaines. Lors d'une expérience, ils ont réussi à relancer la production d'un certain type de protéines, dont la disparition progressive dans l'organisme serait selon eux l'explication du vieillissement.

Inverser le processus de vieillissement, beaucoup de gens souhaiteraient le voir de leur vivant. Et ce n’est peut être plus si loin : dans une récente expérience, deux scientifiques de l’université d’Exetern (Angleterre) ont indiqué avoir réussi à inverser le vieillissement des cellules humaines en laboratoire. Si Benjamin Button n’est encore qu’une fiction, cette découverte pourrait servir de base à de futurs médicaments anti-dégénérescence.

Une étude ciblée sur les cellules "sénescentes"

Le vieillissement peut être considéré comme le déclin progressif des fonctions corporelles, il est donc lié à la plupart des maladies chroniques courantes dont souffrent les humains, comme le cancer, le diabète et la démence. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles nos cellules cessent progressivement de fonctionner. Mais ces dernières années, les scientifiques spécialisés en biologie du vieillissement se sont concentrés sur l'accumulation de cellules "sénescentes" dans les tissus et les organes. Ces cellules sénescentes sont d’anciennes cellules détériorées, qui non seulement ne fonctionnent plus comme elles le devraient, mais qui en plus compromettent la fonction des autres cellules qui les entourent. Il a été démontré que l'élimination de ces cellules dysfonctionnelles améliorait les conditions de vieillissement chez les animaux, par exemple en repoussant l'apparition de cataractes.


En revanche, les scientifiques ne comprennent toujours pas complètement pourquoi les cellules deviennent sénescentes au fur et à mesure que nous vieillissons. Plusieurs raisons ont été envisagées, comme une altération de l'ADN ou une dégradation des molécules protectrices des chromosomes. Plus récemment, une nouvelle hypothèse a suggèré qu'un des facteurs de la sénescence pourrait être la perte de notre capacité à activer et désactiver les gènes, au bon moment et au bon endroit. Et c’est justement sur ce point que Loma Harries, professeure associée en génétique moléculaire et Matt Whiteman, professeur de thérapeutique expérimentale, se sont basés pour mener leur expérience. 

Une augmentation du nombre de protéines régulatrices

Les gènes indiquent à chaque cellule son rôle dans l’organisme. Sur leur ordre, les cellules synthétisent des protéines, qui ont chacune une fonction différente (par exemple, l’hémoglobine est la protéine qui sert à transporter l’oxygène dans le sang.) La décision concernant la fonction d’une cellule à un moment donné est prise par un groupe d'environ 300 protéines appelées "facteurs d'épissage". Plusieurs études ont montré que la production de facteurs d’épissage diminue en vieillissant. Cela signifie que les cellules âgées sont moins en mesure d'activer et de désactiver les gènes pour répondre aux besoins du corps. 


Pour résumer, les cellules deviendraient sénescentes (vieilles et défaillantes) lorsque les gènes n’ont plus de facteurs d’épissage (les protéines qui disent aux cellules ce qu’elles doivent faire). Ces cellules errent donc sans but et embêtent leurs voisines,  détériorant certaines fonctions corporelles ou entraînant des maladies.


Les scientifiques de l’université d’Exetor ont cherché des moyens de rétablir les facteurs d’épissage, en introduisant dans ces cellules dysfonctionnelles un produit chimique. Cette substance chimique libérait ensuite de petites quantités de sulfure d'hydrogène, une molécule que l'on trouve naturellement dans notre corps et dont on a montré qu'il améliore plusieurs caractéristiques des maladies liées à l'âge chez les animaux. Cette molécule pouvant être toxique en grandes quantités, les scientifiques ont trouvé un moyen de le livrer directement à la partie de la cellule où il est nécessaire, en utilisant des doses trop infimes pour provoquer des effets secondaires. Grâce à cet apport de sulfure d’hydrogène, la quantité de facteurs d’épissage s’est amplifiée : l’opération a permis de rajeunir les vieilles cellules humaines.

Cette expérience est bien entendu très théorique, étant donné que le vieillissement est encore mal compris par la science. Les auteurs de l'étude espèrent néanmoins que grâce à l'utilisation d'outils moléculaires comme celui-ci, il sera un jour possible d'éliminer les cellules sénescentes chez les personnes vivantes, ce qui permettrait de cibler plusieurs maladies liées à l'âge en même temps. "C'est un peu dans le futur, mais c'est un début excitant", confient-ils.  

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