20 ans après Dolly, "Bienvenue à Gattaca", "The Island", "Jurassic Park" … ces visions du clonage deviendront-elles un jour réalité ?

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SCIENCE-FICTION - Alors que la découverte de l'existence de Dolly, premier animal cloné, fête ses vingt ans ce jeudi 23 février, la thématique du clonage a souvent été l'objet de scénarios en tout genre au cinéma. De "The Island" à "Bienvenue à Gattaca" en passant par "Jurassic Park", le clonage relève-t-il du rêve ou du concret ? Explications.

Il y a vingt ans, le 23 février 1997, le monde apprenait l’existence de Dolly, premier mammifère cloné par l’homme. Objet de nombreux fantasmes depuis des années, la thématique du clonage a souvent été explorée sur grand écran... sans que le réalisme soit traité avec les même égards.

"The Island" de Michael Bay

Dans "The Island", Michael Bay imagine un monde où les clones sont tirés au sort et "sacrifiés" pour voir leurs organes prélevés au profit de leurs "originaux",  des personnalités riches et célèbres. Si le scénario du "sacrifice" est à tout point extrême, l’hypothèse de sauver des vies humaines grâce à une nouvelle technologie, "permettant de lutter contre des maladies comme la mucoviscidose ou autre", est "à réfléchir", estime Jean-Louis Peyraud, chercheur et chargé de mission à la direction scientifique Agriculture de l'Inra (Institut national de recherche agronomique). "D’un point de vue scientifique, si cela n’est certainement pas réalisable demain, cela pourrait l’être d’ici dix ou vingt ans", explique-t-il.

"Bienvenue à Gattaca" d'Andrew Niccol

L’eugénisme, différent du clonage, est omniprésent dans le long-métrage sorti en 1998. Les êtres parfaits sont ainsi génétiquement sélectionnés dès leur naissance. Ces derniers sont les seuls à pouvoir participer aux programmes spatiaux de l’école de Gattaca, cantonnant les êtres "naturels" à des tâches subalternes. Pour Jean-Louis Peyraud, tout ceci relève de "la science-fiction." "Scientifiquement, ce n’est pas impossible", mais les tâches complexes pourraient davantage être réalisées "par des robots, plutôt que par des animaux ou personnes ‘modifiées’. " "Je ne sais pas si cela est vraiment souhaitable mais si une voie se développe, je pense qu’il s’agira certainement plus des machines, de la robotique, que ces voies biotechnologiques qui de toute façon, seront regardées avec suspicion par la société" ajoute-t-il.

"Jurassic Park" de Steven Spielberg

Si le clonage semble au point mort en Europe notamment pour des questions d’éthique et d’éventuelles dérives sur l’être humain, cette technique pourrait se révéler, selon le chercheur, très intéressante pour sauvegarder des espèces en voie de disparition, voire déjà disparues, par exemple le mammouth. Une équipe de scientifiques d'Harvard a d’ailleurs annoncé la création d’un premier embryon dès 2019. "Techniquement, cloner des espèces type mammouth ou ours polaire préhistorique peut être réalisable. Si cela peut dans un premier temps ne pas paraître utile, cela pourrait néanmoins être intéressant. Après tout, on dit toujours que l’homme détériore la biodiversité, alors faire renaître d’anciennes espèces, c’est peut-être une contribution positive", argumente le chargé de mission à l’Inra.


Néanmoins, la reproduction de dinosaures, comme dans "Jurassic Park", paraît, elle, plus complexe. "Si on retrouve de l’ADN fiable, pourquoi pas mais les reptiles du secondaire ont disparu à cause d’effets de chaleurs, de tremblements de terre et d’éruptions de volcan. De fait, on a peu de chances de retrouver réellement de l’ADN fiable", conclut le généticien. Sauf miracle donc, la perspective d'admirer diplodocus ou vélociraptor relève bel et bien du rêve et non pas de la réalité.

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