Il y a 20 ans, le monde découvrait Dolly, la brebis clonée

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FLASHBACK - Le 23 février 1997, le monde apprenait l'existence de Dolly, premier mammifère cloné, né sept mois plus tôt. Une prouesse scientifique qui a rapidement divisé au sein de la communauté internationale.

Il y a vingt ans, jour pour jour, le monde découvrait Dolly, premier mammifère cloné par l’homme. La brebis avait vu le jour sept mois plus tôt, le 5 juillet 1996, à l’initiative des chercheurs écossais Ian Wilmut et Keith Campbell, au sein de l’institut de recherche Roslin. Les scientifiques écossais avaient ainsi remplacé le noyau d’un ovocyte par celui d’une cellule de brebis adulte, permettant à Dolly d’hériter de la totalité du patrimoine génétique de la brebis d’origine.


Dès lors, cette première mondiale a engendré une multiplication d'expériences de clonage. Wilmut et Campbell ont récidivé en 1997 avec la naissance de Polly, brebis clonée et transgénique produisant dans son lait une protéine humaine aux propriétés thérapeutiques. La même année, deux singes rhésus sont clonés par transfert de noyau de cellule embryonnaire. S’ensuivent des clonages de vaches, de souris en 1998 ou encore de cochons et de taureaux en 2000.

Le Vatican dénonçait une "idée nazie"

Dès l’annonce de la naissance de Dolly, deux camps s’écharpent sur fond de conflit bioéthique : les pro-clonage et les anti-clonage. Ces derniers s’inquiètent d’éventuelles dérives qui pourraient découler de ces expérimentations génétiques, notamment sur l’être humain. Ainsi, le Vatican dénonce une "idée nazie", alors que le président de la République française de l’époque, Jacques Chirac, s’oppose à plusieurs reprises à cette pratique, saisissant notamment le Comité d'éthique en 1997 et se présentant en novembre 1999 devant l'Académie de médecine. Il martèle "qu'aucun embryon humain" ne doit être créé "en vue de servir de matériau scientifique".


En opposition, en 2002, le gouvernement britannique, via la commission de la Chambre des Lords, donne son feu vert au clonage humain à des fins thérapeutiques, considérant ces recherches comme "indispensables à la science dans l’étude et le traitement de maladies incurables".

Les cellules souches pour "réparer" des organes malades ?

Aux Etats-Unis, le clonage d’animaux a rapidement connu un essor, et ce dès 1996, alors que le plus grand centre de clonage au monde est sur le point d'ouvrir en Chine, à Tianjin, et pourrait produire près de 100.000 embryons de vaches par an. En Corée du Sud, il est désormais possible d'envoyer à Séoul des échantillons d'ADN prélevés sur son chien avant sa mort, dans le but inespéré de le "ressusciter". En revanche, en Europe, le clonage n'a pas connu l'essor espéré. En France, l'activité de l'Inra sur le sujet cessa en 2011, après avoir cloné plus de cent veaux. L'institut fut freiné par "les problèmes de santé animale et de bien-être des animaux" associés au clonage. Aujourd'hui, l'Inra compte encore 18 clones bovins dans sa ferme.


Quant au clonage humain, il a été plusieurs fois retoqué, notamment par la Chambre des Représentants américaine, qui a voté en 2001 un texte de loi interdisant le clonage à des fins reproductives et thérapeutiques dans le secteur privé comme public. Alors que plusieurs entreprises privées annonçaient être capables de le réaliser.


De manière générale, le clonage a en revanche ouvert la voie à de nouvelles technologies comme la technique des cellules IPS, à savoir des cellules souches créées sans recourir à des embryons. Son but : réparer un organe malade grâce à des cellules souches plus jeunes, qui vont suppléer les cellules défaillantes. Ainsi, les problèmes de vue, notamment, pourraient être résolus par ce biais. Tout un champ de progrès dont ne s'est sûrement jamais douté Dolly, morte en 2003.

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