Trump à la reconquête de la Lune : aussi (et surtout ?) un business énorme pour les Américains

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CONQUÊTE SPATIALE – Donald Trump compte renvoyer des hommes sur la Lune. Et il n'est pas le seul aux Etats-Unis à s'intéresser à notre satellite naturel. Déjà, plusieurs sociétés américaines ont revendiqué des projets de "conquête lunaire", du voyage touristique à l'extraction de ressources. Tour d'horizon.

Près d'un demi-siècle après avoir envoyé le premier homme sur la Lune, les Etats-Unis veulent réitérer l'exploit. C'est ce qu'a affirmé Donald Trump ce lundi, alors qu'il signait une directive demandant à la Nasa d'accentuer ses efforts sur les missions habitées dans l'espace. Et "cette fois, il ne s'agira pas seulement de planter notre drapeau et de laisser notre empreinte", a prévenu d'emblée le président américain. Alors que compte-t-il y faire ? "Nous établirons une base pour une mission ultérieure vers Mars et peut-être un jour vers d'autres mondes au-delà", a-t-il notamment expliqué.

Une base spatiale sur la Lune

Si Donald Trump n'a pas livré plus de détails sur cette base lunaire, un tel projet avait déjà été évoqué en mars dernier. La NASA annonçait alors qu'elle comptait construire une station spatiale, semblable à l'ISS mais qui serait en orbite autour de la Lune. A terme, cette base permettrait de réaliser des missions scientifiques sur le satellite et sur des astéroïdes à proximité. Mais surtout, l'objectif affiché est d'utiliser cette station comme un avant-poste pour des voyages vers Mars et d'autres destinations plus lointaines.


Les Etats-Unis ne sont cependant pas les seuls pays à travailler sur ce projet, nommé "Deep Space Gateway", autrement dit "La porte vers l'Espace". Les agences européennes, japonaises et canadiennes sont aussi sur le coup depuis de nombreux mois. Et depuis septembre, Roscosmos, l'agence spatiale de la Russie, les a rejoints. L'ambitieuse entreprise a eu raison des tensions diplomatiques entre les deux pays.

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L'ESA envisage d'établir une base lunaire d'ici 2021

Le président américain n'a pas dit s'il comptait aller plus loin en installant également une base sur le sol lunaire. Mais là encore, une telle ambition ne serait pas nouveau. L'agence spatiale européenne travaille depuis quelques années sur ce projet intitulé "Moon Village". L'objectif ? Installer une colonie sur notre satellite d'ici 2030. Bernard Foing, expert du programme, estime que 20 ans après l'arrivée des premiers colons, il serait déjà possible de compter "un millier de personnes" et pas uniquement des scientifiques : l'on pourrait "faire venir des familles", expliquait-il à l'AFP en septembre dernier.

Le secteur privé dans les starting-blocks

La conquête de la Lune est un sujet que suivent également de très près plusieurs entreprises américaines. La plus connue d'entre toutes : SpaceX, le "bébé" du milliardaire Elon Musk. La compagnie a annoncé en février dernier qu'elle avait signé un contrat avec deux particuliers pour leur "offrir" un vol autour de la Lune avant la fin de l'année prochaine. Prix du billet : 150 millions de dollars tout de même. Des vols touristiques pour voir la lune de plus près, c'est aussi le crédo de Space Adventures - qui propose sur son site internet des vols circum-lunaires – et de Golden Spike Company.

Mais le tourisme n'est certainement pas le seul secteur économique intéressé. Des entreprises de tous bords espèrent bien grignoter leur part du gâteau. La société spatiale Blue Origin – créée par Jeff Bezos, le propriétaire d'Amazon – s'est ainsi tournée vers la NASA en janvier dernier pour lui proposer de construire un vaisseau et un atterrisseur lunaire capables d'assurer un service de livraison de fret, et des modules d'habitat sur la Lune. Dans un document soumis à l'agence spatiale, Jeff Bezos expliquait que ce projet pourrait contribuer à "établir des colonies lunaires". Il estimait alors que le temps était venu pour que l'Amérique retourne sur la Lune pour "cette fois, y rester".

Moon express vise quant à elle l'exploitation des ressources de notre satellite. Robert Richards, PDG et co-fondateur de cette start-up de Floride, expliquait cet été qu'il comptait être le premier – issu du privé – à envoyer un vaisseau (non habité) sur la Lune. "L'objectif à long terme est de prospecter les richesses lunaires et les exploiter, à commencer par l'eau", détaillait-il.


Ces richesses pourraient être utilisées pour contribuer à l'exploration humaine de l'espace solaire. L'eau permet par exemple de fournir de l'oxygène mais aussi de l'hydrogène pour le carburant des fusées. "La lune deviendra ainsi une sorte de station-service" pour les vaisseaux spatiaux du futur, prédisait Robert Richards.

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