Super-Lune de sang du 21 janvier : que serait la Terre sans son satellite naturel ?

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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

ASTRONOMIE - Une éclipse totale de Lune a été visible en France dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 janvier. L’occasion de se rappeler que, sans la Lune, la Terre aurait été beaucoup moins accueillante pour la vie.

Si proche et si lointaine à la fois. Un peu plus de 385.000 kilomètres nous séparent en moyenne de notre satellite naturel. L'histoire commune de ce duo millénaire aurait vu le jour à la suite d'une collision cataclysmique il y a environ 4,5 milliards d’années, soit environ 100 millions d’années après la naissance de notre Système solaire, alors que la Terre était alors encore une toute jeune planète.  

"On ne peut jamais être sûr de rien, mais la théorie la plus en vogue, depuis maintenant une trentaine d'années, soutient que la Lune s’est formée à partir de l’impact entre la Terre et une planète de la taille de Mars", rappelle à LCI Jean Souchay, astronome à l’Observatoire de Paris. "Notre satellite serait née à partir des débris arrachés lors de l’impact entre la Terre et cette hypothétique planète jumelle", poursuit-il. 

Des marées océaniques... et terrestres

Reste que, depuis cette rencontre, les deux astres entretiennent une relation des plus intimes. La plus évidente est d'ordre gravitationnelle et son effet le plus connu tient dans le phénomène des marées. "Pour le dire simplement, les océans sont comme aspirés en direction de la Lune et du Soleil", explique Jean Souchay. On le sait un peu moins, les marées ne concernent pas uniquement les grosses masses d’eau mais aussi la croûte terrestre. "La terre se soulève de quelques dizaines de centimètres, mais on ne s’en rend pas compte, car tout se soulève en même temps", ajoute l’astronome. 

L'absence de phénomènes de marées lunaires auraient des conséquences considérables, notamment sur la faune et la flore marine, "tout en stoppant le ralentissement de la rotation de la Terre qui est aujourd'hui (en moyenne) de 1,3 milliseconde par siècle", reprend Jean Souchay. "Sans la Lune, poursuit l'astronome, notre planète tournerait beaucoup plus vite et les journées ne feraient plus vingt-quatre heures, mais dix-neuf ! En extrapolant, on peut en déduire qu’au tout début de son existence, une journée sur Terre durait 14 ou 15 heures."

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Sans la Lune, il n'y aurait pas de saisons

La Terre tourne également autour du Soleil sur un axe un peu incliné. C’est cet axe de rotation (qui oscille entre 22° et 25°) qui permet le passage des saisons et influence ainsi grandement notre climat. "La proximité de la Lune confère à la Terre un rôle stabilisant. Sans elle, notre planète serait une toupie folle", souligne Pascal Descamps, astronome de l'Observatoire de Paris, au sein de l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). De ce fait, les changements de climat et de température dans une même région seraient alors très rapides et parfois très violents. "L'axe de rotation de la planète Mars oscille entre 0° et 60°, c'est pour cette raison les conditions y sont si extrêmes", relève Jean Souchay.

Une forme de vie aussi complexe que l’humain, qui a besoin de millions d’années pour se développer et pour s’adapter à son environnement, aurait-il pu exister dans ces conditions ? "La vie n'aurait jamais quitté le stade embryonnaire", assure Pascal Descamps. Les choses auraient évolué différemment, mais on ne pas dire que la vie n’aurait pas existé, estime pour sa part Jean Souchay. "Sans doute que les mammifères et les êtres vivants auraient évolué d'une autre manière", avance-t-il.

La Lune s'éloigne peu à peu de la Terre

L'avenir de ce duo est pourtant loin d'être évident. La friction qui résulte de l’attraction entre les deux astres fait en effet que la Lune s’éloigne de nous de façon minimale (environ 3,5 cm par an), mais inexorablement. "C’est une conséquence mécanique du frottement des marées", relève Jean Souchay. Que pourrait-il alors se passer dans le futur ? "D'ici 1,5 milliard d'années, l'axe de la Terre pourrait pivoter fortement, ce qui entraînera alors de toute évidence de forts dérèglements climatiques", prévient Pascal Descamps. Nos descendants devront alors trouver une solution. Aller sur Mars, par exemple ?

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