Elle est grande comme cinq fois la Corse : d'où provient la masse de métal détectée sous la face cachée de la Lune ?

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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

LES DESSOUS DE LA LUNE - Une gigantesque masse métallique a été découverte sous le plus grand cratère de la Lune. Il pourrait s’agir de résidus d’astéroïdes ou d’oxydes issus de la cristallisation d’un océan de magma.

Elle est énorme, et pourtant personne ne l’avait repérée jusqu’alors. Une gigantesque masse de métaux, d’une taille équivalente à cinq fois la superficie de la Corse, a récemment été découverte dans le sous-sol de la Lune, sur la partie invisible du satellite de la Terre. La trouvaille aurait pu alimenter les fantasmes – et si c’était un vaisseau extraterrestre ? – mais les scientifiques de l’Université de Baylor (Etats-Unis) ont d’ores et déjà une théorie, et même deux, pour tenter d'expliquer l'origine de cette "anomalie" géologique.

Selon eux, cet amas métallique, niché à 180 kilomètres de profondeur, pourrait provenir du ou des astéroïdes à l’origine de la formation du bassin pôle Sud-Aitken, le plus grand cratère d’impact connu du Système solaire (2.500 kilomètres de diamètre et 13 kilomètres de profondeur). En s'écrasant, son noyau métallique se serait dispersé dans le manteau lunaire, la couche entre la croûte et le noyau. L'événement cataclysmique dont il est question aurait eu lieu il y a environ 4 milliards d’années, au moment de la dernière phase de la solidification du magma lunaire.

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Autre hypothèse pour expliquer la présence mystérieuse de cette masse métallique : elle pourrait également résulter "d'une concentration d'oxydes denses qui se seraient rassemblés lors de la solidification du magma lunaire", explique Peter James, professeur en géophysique planétaire. Un magma qui serait lui-même issu de l’impact de la protoplanète Théia avec notre Terre et qui aurait donné naissance à la Lune, précise le scientifique dont les travaux ont été publiés en avril dernier dans la revue Geophysical Research Letters.

Néanmoins, selon l'équipe de scientifiques, les simulations informatiques d'impacts de gros astéroïdes vont plutôt dans le sens de la première hypothèse. "Nos simulations suggèrent qu'un noyau suffisamment dispersé a tout à fait pu rester suspendu dans le manteau jusqu'à aujourd'hui au lieu de sombrer vers le noyau de la Lune", explique Peter James. Si l’origine de cette  masse métallique n’est pas claire, Peter James considère que le bassin d'Aitken constitue "l'un des meilleurs laboratoires naturels pour l'étude des événements catastrophiques". D'autant que celui-ci est incroyablement bien préservé.

Les prochaines missions lunaires de la Nasa dans cette zone devraient nous aider à en savoir davantage sur le passé géologique du satellite de la Terre et peut-être enfin élucider le mystère de l'origine de sa formation.

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