Elle était probablement habitable à l'époque : voici à quoi devait ressembler Vénus il y a 700 millions d'années

Sciences

COSMOS - Selon une étude théorique menée par la Nasa, la deuxième planète du Système solaire aurait pu être la première à héberger la vie. Mais un événement spectaculaire, survenu il y a 700 millions d'années, a changé son destin.

Pour un monde baptisé d’après le nom de la déesse de l’amour et de la beauté (dans la mythologie romaine), Vénus n’a en vérité rien d’attirant  pour un être humain. Et c’est peu de le dire. A sa surface, la pression est 90 fois plus forte que sur Terre, de quoi transformer un éventuel astronaute en bouillie. Sans parler de la météo. Sur cet astre, il fait plus de 450 degrés Celsius. De quoi faire fondre le plomb et le zinc. Même les sondes spatiales, conçues pour résister à ces conditions extrêmes, n’ont pas tenu plus de deux heures, une fois sur place.

Cependant, selon de récentes découvertes menées par un planétologue de la Nasa, ces conditions inhospitalières ne seraient apparues qu'il y a 700 millions d'années, à la suite d’un événement mystérieux. Avant cette date, notre voisine aurait eu "un océan", ainsi que "des températures de surface compatibles avec la vie" (entre 20 et 40 degrés Celsius) pendant "au moins trois milliards d'années", explique Michael Way, de l'Institut Goddard d'études spatiales de la Nasa à New York (Goddard institute for space studies). Il s'appuie sur des simulations informatiques reproduisant les conditions climatiques de l'astre au cours de son histoire.

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Où est passée l'eau de Vénus ?

Pendant longtemps, Vénus a été considérée comme la sœur jumelle de la Terre : comme elle, c’est une planète rocheuse, avec des dimensions comparables et une atmosphère épaisse. De même, la gravité à sa surface serait très proche de celle de notre planète. Tout indique, en effet, que Vénus et la Terre étaient initialement composées des mêmes ingrédients. Mais où est donc passée l’eau de Vénus ? Si cette jumelle de la Terre a été habitable, qu'est-ce qui a provoqué l'effet de serre et son emballement ? Le Soleil devenant plus chaud ? Le volcanisme intense ? L'absence de champ magnétique protecteur autour de Vénus ? Peut-être une combinaison de tous ces facteurs...

L’hypothèse la plus répandue jusqu'à présent s'appuie à la position de l'astre par rapport au Soleil : étant plus proche de notre étoile, elle aurait reçu davantage de rayonnement solaire, ce qui aurait rapidement fait évaporer toute l’eau qu’elle aurait pu contenir. Et le résultat, c’est la Vénus que nous connaissons aujourd’hui : une boule stérile, avec des champs de lave provenant de nombreux volcans boucliers, entourée d’une épaisse atmosphère de gaz carbonique, parcourue de nuages d’acide sulfurique.

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Mais pour le planétologue de la Nasa, un autre phénomène, de nature géologique cette fois, serait à l'origine de cette métamorphose. "Une période d'activité volcanique massive et continue a entraîné la solidification du magma en surface. Dans le même temps, une énorme quantité de carbone a été libérée dans l’atmosphère. Le phénomène fut si intense que l'atmosphère de Vénus n’a plus été en mesure de l’éliminer naturellement", suggère Michael Way. Sur Terre, il y a 500 millions d'années, une activité volcanique intense en Sibérie aurait enveloppé notre planète d'un épais linceul de cendres pendant près d'un million d'années, tuant la majeure partie de la vie qui régnait à l'époque. "Le phénomène qui s'est produit sur Vénus était beaucoup plus spectaculaire. Ce qui explique que ces deux planètes ont eu un destin différent", soutient-il.

Cette découverte, si elle est confirmée, permet d'envisager la présence d'eau sur des planètes dont la distance avec leur étoile était jugée trop petite jusqu'à maintenant. Pour rendre possible l'eau liquide à la surface d'un astre, ce dernier doit être situé dans la "zone habitable" de son étoile, c'est-à-dire ni trop près ni trop loin de sa source de chaleur. Vénus se situe à près de 110 millions de kilomètres du Soleil. De nombreuses exoplanètes, se trouvant à des distances équivalentes de leur étoile et qui avaient été éliminées par les astronomes, pourraient de ce fait devenir des candidates intéressantes pour la recherche de formes de vie ailleurs que sur Terre.

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