Energies renouvelables : à la traîne, la France court après ses objectifs

Energies renouvelables : à la traîne, la France court après ses objectifs

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POINT D'ÉTAPE - Qu'elles proviennent de l'éolien terrestre et marin ou de la géothermie, les énergies renouvelables sont largement sous-exploitées en France. Dans la majorité des secteurs, l'Hexagone est très en retard sur les objectifs fixés dans le cadre du Plan climat européen. LCI fait le point avec le directeur du syndicat des énergies renouvelables.

Avoir des objectifs, c’est bien. Les atteindre, c’est mieux. Alors que la France s’est engagée, dans le cadre du Plan climat européen, à ce que les énergies vertes comptent pour 17% dans la consommation finale d’énergie en 2015 et 23% en 2020, le pays est à la peine. Selon les chiffres du Commissariat général au développement durable, cette part n’a atteint en 2016 que 15,7%. Avec ce score, l’Hexagone se situe tout juste dans la moyenne européenne, loin derrière l’Islande qui obtenait fin 2015 70,2%, la Norvège (69,6%), la Suède (53,9%) ou encore l’Autriche (33%).

Les secteurs les plus en retard

Parmi les secteurs les plus à la traîne, celui de l'éolien en mer. Alors qu'une production d'électricité de 6000 mégawatts était prévue pour 2020, la production sera nulle. "3000 mégawatts ont pour le moment été sélectionnés par un appel d'offres, mais ça ne sera pas prêt pour 2020", explique Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables. Les longueurs administratives ou les protestations d'associations font partie des freins à la mise en place de ces éoliennes. Concernant l'éolien terrestre, le retard est là aussi présent. Quand les objectifs sont de 19.000 mégawatts pour 2020, seuls 12.000 sont actuellement produits. "En 2020, nous en serons sûrement à 17000", estime-t-il.


Seule filière en pointe : le solaire où les objectifs sont déjà largement dépassé. "On avait prévu de produire 5400 mégawatts pour 2020, mais je pense qu'on atteindra les 10.000", estime Jean-Louis Bal. Le spécialiste l'explique notamment par la baisse des coûts des panneaux solaires, qui a engendré des investissements massifs et inattendus dans le secteur. Quant aux énergies chauffantes, comme le bois ou la géothermie, elles ne représentent que 20% de  notre consommation, alors que l'objectif est fixé à 33% pour 2020.

Les raisons du retard

Pour Jean-Louis Bal, "on ne comblera clairement pas le retard pour 2020". Pour 2030 en revanche, un rattrapage pourrait selon lui se jouer. Les objectifs y sont fixés à 32% d'énergies renouvelables dans la consommation finale. "Le problème pour le moment, c’est que les prix bas des énergies fossiles ne favorisent vraiment pas l’émergence des énergies renouvelables", explique-t-il. Pour inverser le phénomène, le président du syndicat compte sur la constante augmentation de la taxe carbone. En faisant grimper le prix du gaz et du fuel, elle devrait les rendre de moins en moins attrayants.


Le crédit d’impôt pour la transition énergétique, en place depuis 2005, devrait, à la longue, faire lui aussi peser la balance en faveur des énergies renouvelables. Celui-ci permet, lors de la réfection d’une isolation par exemple, réduire de 30% son investissement. "Si pour l’instant, on obtient ce rabattement fiscal seulement l’année suivant l’achat, il n’en sera pas de même en 2019. Le crédit d’impôt va se transformer en prime à l’investissement, ce qui permettra de toucher l’argent tout de suite", souligne Jean-Louis Bal.


Le fond chaleur, proposé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) peut également encourager à investir dans un dispositif de chauffage produit grâce à des énergies renouvelables, tel qu’un poêle à bois. "L’émergence des énergies vertes est un combat que doit mener le gouvernement comme les particuliers et les collectivités", conclut-il.

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La minute pour comprendre : les énergies renouvelables

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