Néonicotinoïdes : les bourdons ont pris goût aux pesticides

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ENVIRONNEMENT - Les bourdons prennent goût à la nourriture contenant des pesticides néonicotinoïdes, selon une étude publiée ce mercredi. Celle-ci montre que ces substances peuvent ainsi être plus nocives pour les pollinisateurs qu'on ne le pensait.

Quand les bourdons deviennent accros aux pesticides. Selon une étude publiée ce mercredi, ces insectes prennent goût à la nourriture contenant des néonicotinoïdes, ce qui peut s'avérer plus nocif qu'on ne le pensait pour les pollinisateurs.


"Il est d'abord apparu que les insectes évitaient la nourriture contenant le pesticide," décrit Andres Arce, chercheur à l'Imperial College de Londres, dans la revue Proceedings of the Royal Society B. "Pourtant, au fur et à mesure où ils testaient la nourriture traitée, ils développaient une préférence pour celle-ci". Même quand le positionnement des mangeoires était inversé, les pollinisateurs se tournaient vers celle contenant l'insecticide. "Nos résultats (...) montrent certains symptômes de comportement addictif", note Richard Gill, un autre auteur.

Pesticides les plus utilisés dans le monde

Les néonicotinoïdes, même à faible dose, s'attaquent au système nerveux des pollinisateurs (abeilles et bourdons désorientés, sperme des mâles altéré...). Début 2015, une précédente étude avait déjà relevé l'attirance apparente des abeilles pour les fleurs traitées. Quand on leur proposait une solution de sucrose à côté d'une autre associée à un néonicotinoïde, les abeilles mellifères comme les bourdons préféraient se tourner vers le second nectar. Comme la nicotine pour l'homme, "il se peut que les néonicotinoïdes agissent comme une drogue, rendant la nourriture plus gratifiante", relevaient les chercheurs de l'université de Newcastle.

Les néonicotinoïdes, ensemble de sept insecticides neurotoxiques (acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride, thiaméthoxame, nitenpyrame et dinotéfurane), sont devenus les pesticides les plus utilisés dans le monde. S'ils peuvent être utilisés en pulvérisation, en France, ils servent principalement de manière préventive, en enrobant les semences. La substance, dite "systémique", est absorbée par la plante et se propage à tous ses tissus, y compris le pollen. Betteraves, blé, colza, arbres fruitiers, vignes... Ils sont utilisés pour débarrasser les cultures des chenilles, cochenilles, pucerons ou insectes mangeurs de bois.


Plusieurs pays en ont acté l'interdiction, principalement du fait de leur impact sur les abeilles. L'UE a décidé en avril d'en bannir trois pour les cultures de plein champ. Une interdiction entrera en vigueur samedi en France pour 5 d'entre elles, avec de possibles dérogations au cas par cas jusqu'en juillet 2020.

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