Des scientifiques prouvent que de violentes tempêtes de neige s'abattent régulièrement sur Mars

Des scientifiques prouvent que de violentes tempêtes de neige s'abattent régulièrement sur Mars

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ESPACE - Selon une récente étude, des tempêtes de neige balaieraient régulièrement la planète Mars. Cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre la distribution de l'eau sur la planète rouge.

Il neige sur Mars. Et pas juste quelques flocons. Selon une étude publiée lundi dans Nature Geoscience, de violentes tempêtes de neige s’abattraient sur la planète rouge en été. Mais pas au point de "faire de bonhomme de neige ou skier sur Mars", prévient Aymeric Spiga, chercheur au laboratoire de météorologie dynamique à Paris et auteur principal de l'étude.


En 2008, l’atterrisseur Phoenix de la Nasa avait déjà révélé que les nuages composés de particules de glace, résultant de l’atmosphère froide de la planète, pouvaient entraîner des chutes de neige. "A l'époque, on avait supposé que ces particules de glace d'eau tombaient lentement sous l'influence de leur propre poids", explique à l’AFP Aymeric Spiga.


Mais en modélisant l'atmosphère martienne et ses nuages de glace, Aymeric Spiga et ses collègues ont mis en évidence que les chutes de neige étaient provoquées par des vents puissants. "Les précipitations de neige se font par des courants descendants très violents et une particule de glace peut tomber en 5 à 10 mn", précise le chercheur. Et non pas en virevoltant 4 à 5 heures comme on le supposait. "Cela représente sûrement ce qu'il se passe dans la véritable atmosphère martienne, et cela est suceptible d'avoir un impact sur la distribution de l'eau sur la planète", s'enthousiasme John Wilson du Ames Research Center de la NASA. Si la modélisation s'avère juste, les bourrasques pourraient durer plusieurs heures d'affilée. 

Des flocons beaucoup plus petits que les flocons terriens

Selon les auteurs de l'étude, ces phénomènes sont cependant localisés. Les particules de glace martienne, très petites, ne ressemblent en rien aux gros flocons terriens. L’humidité y est en effet nettement moindre. De plus, la quantité de neige déposée sur le sol reste relativement faible. "Si on était à la surface de la planète, on ne verrait pas une grosse couche de neige mais plutôt un givre très fin, assez irrégulier", explique le spécialiste.


À terme, les scientifiques voudraient utiliser cette modélisation pour remonter le temps et entrevoir le passé aquatique de la planète. "Il y a dix ans, on pensait que les nuages neigeux n'avaient qu'un petit impact sur le climat de Mars", explique John Wilson. "Maintenant, on réalise qu'ils ont un gros impact... et les choses deviennent plus riches, plus complexes et plus intéressantes qu'attendu".

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