La Lune serait bien plus vieille que nous ne le pensions jusqu'ici !

Sciences
ASTRONOMIE - En étudiant des roches lunaires issues du programme américain Apollo, des scientifiques allemands ont pu dater de manière plus précise l'âge du satellite naturel de la Terre.

L’astre lunaire veille sur notre planète depuis plus longtemps que nous ne le pensions. L’analyse récente d’échantillons de roches lunaires qui avaient été rapportées dans les bagages des astronautes du programme Apollo, il y a cinquante ans, semble indiquer que la "sœur" de la Terre serait plus vieille de quelque 100 millions d’années. Ce n’est pas la première fois que des scientifiques tentent de de dater la naissance de notre satellite naturel.


Néanmoins, grâce aux progrès des technologies, les instruments utilisés ont permis à l’équipe de scientifiques d’effectuer des mesures beaucoup plus précises. Jusqu'à maintenant, la date inscrite sur l’acte de naissance de la Lune était 4,5 milliards d’années. A en croire des chercheurs de l’Université de Cologne, en Allemagne, elle serait en fait âgée de 4,51 milliards d’années. 

Une collision cataclysmique avec une planète naine

L’histoire de la Lune continue donc de s’écrire. A ce jour, l’hypothèse la plus crédible pour expliquer sa formation est celle d’un impact géant avec une protoplanète (une planète en formation). Un bolide de la taille de Mars, baptisé Théia en référence à la mère de Séléné, déesse de la Lune dans la mythologie grecque, serait venu percuter violemment la surface terrestre. Les nuages de débris en orbite se seraient, au fil du temps - plusieurs milliards d'années -, agglomérés pour former notre satellite.


Cet événement serait survenu seulement 50 millions d’années après la naissance du Système solaire - qui serait, quant à lui, vieux de 4,571 milliards d’années. Pour remonter jusqu'à la nuit des temps, les chercheurs allemands se sont intéressés à l’océan de magma qui recouvrait la surface de la Lune peu après sa formation. Au fil du temps, cet océan s’est refroidi pour former ces couches de basalte visibles depuis la Terre, qu’on appelle les "mers lunaires" - ces fameuses tâches sombres que vous apercevez à sa surface.

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EXPLORE - Les mers lunaires, c'est quoi ?

Plus précisément, les scientifiques ont analysé les caractéristiques de trois éléments rares présents au sein de ce matériau : le hafnium, l'uranium et le tungstène. Ces composants radioactifs ont surtout l’avantage de se désintégrer à un rythme prévisible. Les chercheurs s'en sont servis comme d'une sorte d’horloge cosmique. Cette méthode présente également l’avantage de fonctionner pour n’importe quel corps rocheux, que ce soit la Terre, la Lune, Mars, ou même un astéroïde.

De cette manière, les scientifiques ont pu mesurer, avec une précision extrême, l’âge de ces roches lunaires. "En comparant les quantités relatives d'éléments différents dans les roches qui se sont formées à des moments différents, il est possible d'apprendre comment chaque échantillon est lié à l'intérieur de la lune et à la solidification de l'océan magma", a déclaré Raúl Fonseca, géochimiste à l’Université de Cologne et coauteur de l’étude, dans un communiqué.  4,51 milliards d’années, quelques cratères mais toujours pas une ride !

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